L’émulation de la PlayStation 5 continue de progresser beaucoup plus vite qu’on aurait pu l’imaginer il y a encore quelques mois. Le projet expérimental SharpEmu est désormais capable de faire tourner plusieurs jeux PS5 à environ 60 images par seconde sur PC, avec six titres considérés comme jouables lors des derniers tests.
Il faut toutefois garder une grosse nuance : on ne parle pas encore de jeux comme Spider-Man 2 ou Final Fantasy VII Rebirth fonctionnant parfaitement sur ordinateur.
Le cap reste malgré tout important.
Six jeux PS5 atteignent désormais 60 FPS
Les développeurs de SharpEmu ont testé un ensemble de 55 jeux PS5 avec la version actuelle de leur émulateur.
Douze sont parvenus à atteindre une véritable phase de gameplay. Parmi eux, six ont réussi à fonctionner à environ 60 FPS dans des conditions suffisamment stables pour être considérés comme jouables lors des tests.
Les jeux concernés sont :
- Dreaming Sarah
- Void Terrarium
- New Joe & Mac: Caveman Ninja
- Tetris Forever
- Hoa
- Tomb Raider IV-VI Remastered
La liste reste modeste et se compose essentiellement de jeux relativement légers pour le matériel de la PS5.
Mais elle montre surtout que SharpEmu commence à passer d’un simple projet capable de lancer quelques écrans à un véritable environnement où certains jeux peuvent être utilisés normalement.
« Jouable » ne veut pas encore dire parfait
Les développeurs restent eux-mêmes prudents sur la signification du terme.
Les six jeux n’ont pas encore été testés intégralement du début à la fin. Leur statut indique surtout qu’aucun problème majeur n’empêche actuellement de jouer pendant les essais réalisés.
Des bugs graphiques ou audio peuvent encore apparaître.
Ce détail est important, car un émulateur peut parfaitement afficher un jeu à 60 FPS pendant plusieurs minutes tout en rencontrant ensuite un plantage, une cinématique incorrecte ou une fonctionnalité encore non prise en charge.
L’émulation PS5 en est toujours à ce stade.
SharpEmu a beaucoup progressé en quelques semaines
La progression est particulièrement visible lorsqu’on compare ces résultats aux tests réalisés cet été.
En août, SharpEmu avait déjà réussi à lancer Astro’s Playroom sur Steam Deck, mais le jeu tournait alors autour de seulement 0,6 image par seconde et restait complètement injouable.
Cette démonstration avait malgré tout montré que l’émulateur était capable de démarrer un véritable logiciel PS5 sur une machine portable bien moins puissante que la console de Sony.
Quelques semaines plus tard, le projet affiche désormais certains jeux à 60 FPS.
Vulkan et les shaders sont au cœur des progrès
Les dernières versions de SharpEmu ont particulièrement amélioré la traduction des shaders et la prise en charge de Vulkan.
Ces deux éléments sont essentiels. Les jeux PS5 utilisent des instructions et des mécanismes graphiques prévus pour le matériel AMD de la console, que l’émulateur doit ensuite interpréter correctement sur une carte graphique PC.
Chaque correction peut débloquer plusieurs jeux à la fois.
C’est notamment ce qui explique pourquoi la compatibilité peut progresser rapidement lorsque les développeurs corrigent un problème situé très bas dans le fonctionnement de l’émulateur.
SharpEmu avait déjà amélioré son moteur Vulkan, sa gestion mémoire et plusieurs fonctions système dans une précédente version disponible cet été.
La proximité entre la PS5 et le PC facilite certaines choses
La PlayStation 5 dispose d’un processeur AMD Zen 2 basé sur une architecture x86-64, comme les processeurs utilisés dans de nombreux PC.
Cette proximité représente un avantage par rapport à certaines consoles plus anciennes utilisant des architectures très différentes.
Elle ne suffit évidemment pas à faire fonctionner directement un jeu PS5 sur Windows.
L’émulateur doit encore reproduire le système d’exploitation de la console, gérer la mémoire, les shaders, les fonctions du GPU, le stockage et de nombreuses API spécifiques à Sony.
Mais certaines instructions processeur peuvent être exécutées plus directement que lors de l’émulation d’architectures totalement différentes.
GTA V avait déjà montré jusqu’où l’émulation pouvait aller
SharpEmu n’est pas le seul projet à progresser.
Début septembre, un autre émulateur expérimental appelé KytyPS5 était parvenu à faire tourner la version PS5 de GTA V sur PC avec des passages situés entre 40 et 60 FPS.
L’expérience restait très instable et le jeu plantait rapidement, mais la démonstration avait montré que l’émulation de logiciels 3D plus lourds devenait techniquement possible.
La version PS5 de GTA V avait déjà atteint jusqu’à 60 FPS sur PC via un émulateur expérimental.
On voit désormais apparaître deux approches complémentaires : certains projets cherchent à faire fonctionner rapidement des jeux précis, tandis que SharpEmu semble davantage travailler sur les fondations générales et la compatibilité à long terme.
Les grosses exclusivités PS5 restent encore très loin
Il ne faut donc pas s’attendre à pouvoir remplacer une PlayStation 5 par un PC et un émulateur dans les prochaines semaines.
Les gros jeux 3D restent extrêmement difficiles à émuler correctement, et beaucoup ne dépassent encore pas l’écran de démarrage.
Sur les 55 titres testés, seuls 12 atteignent actuellement une phase de jeu avec SharpEmu.
Six seulement atteignent le niveau de performances annoncé à 60 FPS.
Le résultat n’en reste pas moins révélateur. L’émulation PS5 était encore largement expérimentale il y a peu, alors qu’elle commence désormais à produire des jeux véritablement utilisables.
La prochaine étape sera surtout de voir si ces performances peuvent être reproduites sur des titres beaucoup plus lourds, sans crash et du début jusqu’à la fin.

Maxime Lefèvre suit l’actualité du gaming, des consoles et des nouvelles technologies. Il couvre notamment les univers PlayStation, Xbox, Nintendo et PC Gaming, ainsi que les grandes annonces qui façonnent l’industrie du jeu vidéo.
