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Android pourrait bientôt laisser ChatGPT agir comme Gemini : Google attaque l’Union européenne en justice

Google conteste devant la justice européenne une décision qui pourrait profondément changer le fonctionnement des assistants IA sur Android. L’enjeu ne porte pas simplement sur le choix de l’application utilisée pour discuter avec une intelligence artificielle, mais sur l’accès aux fonctions mêmes du smartphone.

Aujourd’hui, Gemini bénéficie d’une intégration privilégiée dans Android. Il peut être appelé par la voix, interagir avec certaines applications et accéder à des fonctions système que les assistants concurrents ne peuvent pas utiliser de la même manière.

L’Union européenne veut réduire cet avantage.

ChatGPT pourrait devenir beaucoup plus qu’une simple application

Le changement le plus important serait de permettre à des assistants tiers comme ChatGPT d’accéder à certaines fonctions aujourd’hui étroitement liées à Gemini.

Cela pourrait inclure l’activation vocale, certaines actions dans les applications ou encore l’utilisation de données contextuelles présentes sur le téléphone.

La Commission européenne veut justement rapprocher les conditions d’accès entre Gemini et ses concurrents, avec une ouverture progressive de plusieurs fonctions d’Android dans le cadre du Digital Markets Act.

En pratique, cela pourrait permettre à un assistant tiers de recevoir une commande vocale puis d’agir directement sur le smartphone, au lieu de simplement fournir une réponse dans une fenêtre de chat.

Le vrai enjeu est le contrôle du téléphone

C’est là que la situation devient beaucoup plus intéressante pour l’utilisateur.

Un assistant IA capable de répondre à une question n’est pas encore un véritable assistant système. Pour remplacer réellement Gemini, il doit pouvoir comprendre ce qui se passe sur le téléphone et surtout agir.

Par exemple, il pourrait à terme :

  • envoyer un message ;
  • lancer une action dans une application ;
  • récupérer certaines informations contextuelles ;
  • enchaîner plusieurs étapes à partir d’une seule demande ;
  • répondre à une commande vocale sans avoir besoin d’ouvrir manuellement son application.

Autrement dit, la compétition entre Gemini, ChatGPT ou d’autres assistants pourrait finir par se jouer autant sur leur niveau d’intégration dans Android que sur la qualité de leurs modèles d’IA.

Pourquoi Google refuse cette ouverture

Google estime qu’accorder un accès aussi profond à des services tiers peut créer de nouveaux risques.

Plus un assistant peut intervenir dans les fonctions du téléphone, plus il peut théoriquement accéder à des données sensibles ou effectuer des actions importantes. Google met donc en avant les questions de confidentialité, de sécurité et de contrôle des permissions.

L’argument n’est pas anodin.

Permettre à une IA externe de lire un contexte, d’ouvrir une application ou d’exécuter une action suppose que le système sache précisément ce qu’elle est autorisée à faire et jusqu’où elle peut aller.

C’est exactement le même problème qui se pose aujourd’hui avec les agents IA capables d’agir de manière autonome sur un ordinateur.

L’Europe prévoit des garde-fous

La Commission européenne ne demande pas pour autant à Google d’ouvrir Android sans aucune limite.

Le cadre prévoit des mécanismes de sécurité et permet notamment à Google de refuser l’accès lorsqu’un service représente un risque sérieux pour la sécurité ou la protection des données.

L’objectif est donc de trouver un équilibre : permettre à plusieurs assistants de réellement rivaliser avec Gemini sans transformer Android en plateforme ouverte à n’importe quelle action sensible.

Rien ne change encore aujourd’hui sur votre smartphone

Pour l’instant, ChatGPT ne va pas soudainement remplacer Gemini au niveau du système.

Les mesures doivent entrer progressivement en application et le calendrier s’étend jusqu’en 2027. Le recours de Google devant le Tribunal de l’Union européenne peut également modifier ou retarder certains aspects du dispositif.

Le changement potentiel reste néanmoins majeur.

Si l’Europe maintient sa position, choisir son assistant IA sur Android pourrait un jour ressembler davantage au choix d’un navigateur ou d’une application par défaut.

La différence serait importante : Gemini ne serait plus le seul assistant à pouvoir s’intégrer profondément au téléphone.

Pour Google, l’affaire touche directement l’un des principaux avantages de son écosystème. Pour OpenAI et les autres acteurs de l’IA, elle pourrait ouvrir une porte jusque-là largement fermée : transformer leurs assistants en véritables interfaces de contrôle d’Android.

Eric Thomas suit l’actualité de Windows, des logiciels, de la cybersécurité grand public et des outils web. Il s’intéresse aux mises à jour système, aux nouveautés informatiques et aux solutions pratiques qui améliorent l’expérience numérique au quotidien.

Eric Thomas

Eric Thomas suit l’actualité de Windows, des logiciels, de la cybersécurité grand public et des outils web. Il s’intéresse aux mises à jour système, aux nouveautés informatiques et aux solutions pratiques qui améliorent l’expérience numérique au quotidien.

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