Une vulnérabilité touchant le modem Unisoc T612 pourrait permettre l’exécution de code avec des privilèges très élevés sur certains smartphones Android. Le scénario décrit passe par la VoLTE, utilisée pour les appels sur les réseaux 4G, et pourrait concerner des appareils d’entrée et de milieu de gamme équipés de certaines puces Unisoc. Une faille située dans le modem peut donc donner accès à des zones très sensibles du système Android.
La faille se trouve dans le modem Unisoc
La vulnérabilité concerne le firmware du modem Unisoc, chargé de gérer les communications avec le réseau mobile.
Le modem fonctionne avec des privilèges élevés et échange directement avec Android. Une compromission à ce niveau peut donc avoir des conséquences bien plus importantes qu’un simple plantage d’application.
La faille décrite pourrait permettre l’exécution de code arbitraire avec des privilèges kernel depuis le contexte modem. Un attaquant pourrait alors tenter de franchir la séparation entre la partie réseau et le système principal du téléphone.
Un appel vidéo VoLTE pourrait déclencher l’exploitation
Le scénario présenté repose sur la VoLTE, la technologie utilisée pour faire passer les appels sur les réseaux 4G.
L’exploitation décrite correspond à une seconde étape liée au modem Unisoc. Un enchaînement impliquant un appel vidéo VoLTE pourrait conduire à une compromission plus profonde de l’appareil.
Tous les smartphones Android ne sont pas concernés. La réussite de l’attaque dépend notamment du chipset, de la version du firmware, de la configuration réseau et des conditions nécessaires à l’exploitation de la vulnérabilité.
Le Unisoc T612 est directement concerné
La publication cite le Unisoc T612. Les puces Unisoc équipent notamment des smartphones, tablettes et appareils connectés d’entrée de gamme ou de milieu de gamme.
Les composants du fabricant sont utilisés par de nombreuses marques et présents dans plus de 140 pays.
La faille ne doit donc pas être étendue à l’ensemble des smartphones Android. Pour être concerné, un appareil doit notamment utiliser une puce et un firmware compatibles avec le scénario décrit.
Les modèles peu mis à jour peuvent rester exposés plus longtemps
Les smartphones d’entrée de gamme reçoivent parfois les correctifs de sécurité plus lentement que les modèles premium.
Dans le cas d’une faille située dans le modem, l’utilisateur dépend directement d’une mise à jour fournie par le fabricant. Il ne peut pas supprimer le composant vulnérable comme il supprimerait une application.
Un appareil ancien qui ne reçoit plus de correctifs peut donc rester exposé si aucune mise à jour spécifique n’est publiée.
Le correctif doit venir du fabricant
Aucune manipulation simple ne permet de neutraliser une vulnérabilité située dans le firmware du modem.
Les utilisateurs concernés doivent installer les mises à jour Android et les correctifs de sécurité dès leur disponibilité, éviter les firmwares non officiels et vérifier si leur appareil bénéficie encore d’un support logiciel.
La publication d’un correctif par Unisoc ou par les fabricants de smartphones permettrait de réduire directement le risque. Une liste précise des modèles touchés permettrait aussi d’identifier les appareils réellement concernés.

Samuel Le Goff suit l’actualité des smartphones, des systèmes d’exploitation mobiles et de l’intelligence artificielle depuis plus de 14 ans. Il couvre notamment Samsung, Xiaomi, Apple, Android, iOS et les grandes tendances du numérique.
