Pendant des années, OpenAI s’est surtout fait connaître avec des modèles capables de produire du texte, des images, de la vidéo ou du code. La prochaine étape pourrait être beaucoup plus physique.
La société recrute désormais massivement dans la robotique, avec des postes consacrés aux moteurs, actionneurs, cartes électroniques, firmware, systèmes de contrôle et collecte de données.
Et la liste donne une indication assez claire : OpenAI ne cherche pas simplement à connecter ChatGPT à un robot construit par quelqu’un d’autre.
OpenAI recrute des spécialistes capables de construire le robot lui-même
Parmi les postes ouverts apparaissent des profils très matériels :
ingénieurs spécialisés dans les actionneurs électromécaniques, ingénieurs moteurs, spécialistes du firmware, ingénieurs électriques, techniciens de prototypage ou encore responsables de systèmes de contrôle.
L’une des offres explique par exemple qu’OpenAI veut développer ses propres systèmes électromécaniques, depuis l’architecture initiale jusqu’aux prototypes puis à une production évolutive.
Un actionneur est en quelque sorte le « muscle » d’un robot.
Il transforme les commandes informatiques en mouvements physiques.
Lorsqu’une entreprise recrute simultanément pour les moteurs, transmissions, capteurs, cartes électroniques et logiciels de contrôle, elle ne travaille plus uniquement sur le cerveau.
Elle commence à construire le corps autour.
Les recrutements ont fortement accéléré
Le mouvement s’accélère rapidement.
Plusieurs dizaines de postes liés à la robotique sont maintenant proposés, couvrant une grande partie de la chaîne matérielle et logicielle.
L’objectif affiché par l’entreprise est lui aussi explicite : développer une robotique généraliste capable d’opérer dans des environnements physiques dynamiques, en associant matériel et logiciels d’intelligence artificielle.
Ce n’est donc plus un simple laboratoire expérimental.
Les salaires donnent une idée de la bataille pour les ingénieurs
Certaines annonces sont particulièrement généreuses.
Un poste de Senior Actuator Design Engineer affiche par exemple plus de 400 000 dollars de salaire annuel maximum, auxquels peuvent s’ajouter des actions.
D’autres fonctions très spécialisées peuvent atteindre des rémunérations encore plus élevées.
À ce niveau, OpenAI entre directement en concurrence avec les entreprises déjà très avancées dans les robots humanoïdes et la « physical AI ».
Tesla travaille sur Optimus. Figure développe ses propres humanoïdes. Google DeepMind investit depuis longtemps dans l’intelligence robotique.
OpenAI semble maintenant vouloir disposer de ses propres compétences internes.
L’entreprise avait pourtant abandonné une première équipe robotique
Le mouvement est d’autant plus remarquable qu’OpenAI avait interrompu une première initiative dédiée à la robotique autour de 2020.
À l’époque, entraîner efficacement des robots réels restait extrêmement difficile.
Les grands modèles actuels changent progressivement la donne.
Un robot peut désormais bénéficier de modèles capables de reconnaître des objets, comprendre une consigne en langage naturel, analyser une scène et planifier plusieurs actions successives.
Le grand obstacle devient alors la connexion entre cette intelligence et le monde physique.
C’est exactement ce que semblent viser les nouvelles offres.
Après les agents capables d’utiliser un ordinateur, les agents physiques
La stratégie possède aussi une certaine continuité.
OpenAI développe déjà des agents capables d’agir dans des environnements numériques. Sur Menow, nous avions par exemple évoqué les Mac mini qu’OpenAI utiliserait pour entraîner des agents capables de contrôler un ordinateur.
Dans ce cas, l’IA apprend à cliquer, écrire, ouvrir des applications et accomplir des tâches.
Avec un robot, le principe devient beaucoup plus ambitieux :
identifier une tasse, la saisir, ouvrir une porte, déplacer un objet ou naviguer dans une pièce.
Passer de la souris à une main articulée change évidemment complètement les contraintes.
ChatGPT avec des jambes ? Pas encore
L’image est tentante, mais il faut rester raisonnable.
Les recrutements d’OpenAI ne signifient pas qu’un robot ChatGPT domestique sera commercialisé prochainement.
La robotique est infiniment plus difficile à industrialiser qu’un service logiciel.
Fiabilité mécanique, batteries, sécurité, coûts, production, maintenance : chaque élément devient un problème concret.
Mais la direction prise par OpenAI est désormais beaucoup plus difficile à manquer.
Après avoir consacré des années à améliorer ce que l’intelligence artificielle peut comprendre et générer, l’entreprise investit maintenant dans la question suivante :
que peut-elle réellement faire dans le monde physique ?
Et lorsqu’une entreprise commence à recruter simultanément les personnes capables de construire le cerveau, les muscles et le système nerveux d’un robot, cette question devient soudain beaucoup moins théorique.
Sources :
https://openai.com/careers/search/?q=robotics
https://openai.com/careers/actuator-design-engineer-san-francisco/

Eric Thomas suit l’actualité de Windows, des logiciels, de la cybersécurité grand public et des outils web. Il s’intéresse aux mises à jour système, aux nouveautés informatiques et aux solutions pratiques qui améliorent l’expérience numérique au quotidien.
