Xiaomi XRING O3 prend nativement en charge les formats de compression de textures BC1 à BC7, très répandus dans les jeux PC. L’information apparaît dans les données Vulkan du Xiaomi 18 Fold et pourrait donner à la puce maison de Xiaomi un avantage pour faire fonctionner des jeux Windows sous Android. Cette fonction pourrait aussi être disponible sur la Xiaomi Pad 9 Pro Max équipée du même SoC.
Le Xiaomi XRING O3 prend en charge les formats BC1 à BC7
Les informations Vulkan relevées sur le Xiaomi 18 Fold montrent que le GPU du XRING O3, identifié comme Mali-G2 Ultra NX MP16, prend en charge une large partie de la famille BCn.
Cela concerne les formats BC1, BC2, BC3, BC4, BC5, BC6 et BC7.
Le support ne semble pas se limiter à la simple reconnaissance de ces formats. Les données Vulkan indiquent également des possibilités de sampling, de transfert et de blit, ce qui suggère que le GPU est capable de manipuler directement ces textures.
Ce détail compte.
Les formats BCn servent à compresser les textures utilisées par de nombreux jeux PC et consoles. Sur Android, les formats ASTC et ETC2 sont beaucoup plus courants, ce qui explique pourquoi la prise en charge du BCn n’est pas indispensable sur un GPU mobile classique.

Pourquoi le BCn est intéressant pour les jeux PC
Dans un jeu PC, les textures peuvent représenter une quantité considérable de données. Les formats BC permettent de les stocker sous une forme compressée tout en restant directement exploitables par les circuits graphiques compatibles.
Lorsqu’un GPU ne sait pas traiter nativement ces formats, une étape supplémentaire peut devenir nécessaire.
Le système ou la couche de compatibilité peut devoir décompresser ou convertir les textures par logiciel avant qu’elles ne puissent être utilisées. Cela peut augmenter la charge du processeur, occuper davantage de mémoire et potentiellement accroître la consommation énergétique.
Avec une gestion native du BCn, le XRING O3 pourrait éviter une partie de ces conversions.
Le bénéfice ne devrait pas rendre les applications Android classiques soudainement plus rapides. Il devient surtout intéressant lorsqu’un appareil tente d’exécuter du contenu issu de l’univers PC.
Le XRING O3 se distingue des puces Dimensity et Tensor sur ce point
La prise en charge du BCn attire aussi l’attention parce qu’elle n’est pas systématiquement proposée sur les autres puces utilisant des GPU Mali.
De nombreux SoC MediaTek Dimensity et Google Tensor équipés de solutions graphiques issues de la même famille n’affichent pas publiquement un support comparable des formats BCn.
Tous les GPU Mali ne sont pas identiques dans leur configuration.
Certaines fonctions liées aux textures peuvent être sélectionnées au niveau de l’IP graphique d’Arm. Le fabricant du SoC dispose donc d’une certaine latitude pour déterminer quelles capacités seront activées dans sa propre puce.
Utiliser un GPU Mali ne garantit ainsi pas automatiquement la prise en charge matérielle du BCn.
Dans le cas du XRING O3, Xiaomi semble avoir retenu une configuration dans laquelle cette fonction est activée.
Qualcomm disposait déjà d’un avantage avec les GPU Adreno
Les GPU Adreno de Qualcomm sont depuis longtemps mieux placés sur ce terrain grâce à leur capacité à manipuler les textures BCn.
Ce point peut avoir son importance avec les logiciels cherchant à exécuter des jeux PC sur Android.
L’arrivée d’un support comparable sur le XRING O3 montre qu’une puce utilisant une architecture graphique Mali peut elle aussi proposer ce type de compatibilité, à condition que la fonction soit intégrée à sa configuration.
La différence peut sembler très technique. Elle devient beaucoup plus concrète dès que l’on parle de jeux Windows.
L’émulation de jeux Windows pourrait en profiter directement
C’est probablement dans les environnements destinés à faire tourner des jeux Windows sur Android que la prise en charge du BCn devient la plus intéressante.
Les jeux PC utilisent massivement des ressources graphiques compressées dans ces formats. Les couches de compatibilité capables de lancer des logiciels Windows sur des processeurs Arm doivent donc trouver un moyen de gérer ces fichiers.
Cela concerne notamment certains environnements utilisant des technologies proches de celles que l’on retrouve autour de Wine, Proton ou d’autres couches de traduction.
Un GPU compatible BCn peut traiter directement davantage de ressources graphiques sans passer systématiquement par une conversion logicielle.
Résultat potentiel : moins de travail pour le CPU, une pression réduite sur la mémoire et une consommation énergétique mieux maîtrisée.
Sur un smartphone, chaque watt compte.
Une fonction particulièrement intéressante pour la Xiaomi Pad 9 Pro Max
Le XRING O3 n’équipe pas uniquement le Xiaomi 18 Fold. La puce est également présente dans la Xiaomi Pad 9 Pro Max.
Si la prise en charge du BCn provient bien de la configuration matérielle du GPU et de ses pilotes, la tablette devrait pouvoir profiter des mêmes capacités.
Son grand écran en fait d’ailleurs un appareil particulièrement adapté à ce type d’usage. Jeux PC, applications de bureau ou interfaces proches d’un environnement desktop peuvent y avoir davantage de sens que sur un smartphone compact.
Le support du BCn pourrait donc être plus qu’une curiosité technique sur cette catégorie de produits.
Le BCn ne suffit pas à garantir de bonnes performances sous Windows
Il ne faut pas pour autant réduire les performances d’émulation à cette seule fonction.
La capacité à faire tourner correctement un jeu Windows dépend aussi de la puissance brute du GPU, du processeur, de la bande passante mémoire, des pilotes et de la qualité des couches de traduction utilisées.
La compatibilité avec les différentes API graphiques reste elle aussi déterminante.
Un GPU peut parfaitement prendre en charge les textures BCn et rencontrer malgré tout des difficultés avec certains jeux à cause d’un pilote incomplet ou d’une traduction inefficace de DirectX vers Vulkan.
Le support du BCn supprime donc un obstacle. Pas tous.
Xiaomi pourrait viser des usages qui dépassent Android
Les données Vulkan ne permettent pas d’affirmer que Xiaomi a développé le XRING O3 spécifiquement pour l’émulation de jeux Windows.
La présence du BCn reste malgré tout révélatrice d’une configuration graphique assez large. Xiaomi semble avoir choisi d’activer une fonction qui n’est pas indispensable au fonctionnement habituel d’un smartphone Android.
Cela pourrait ouvrir davantage de possibilités aux appareils équipés de cette puce.
Si Xiaomi conserve cette approche avec ses futures générations de XRING, ses SoC pourraient chercher à se démarquer non seulement par leurs performances sous Android, mais aussi par leur capacité à mieux gérer les logiciels et les jeux provenant de l’écosystème PC.
Pour le XRING O3, un premier élément concret est désormais visible : les textures BC1 à BC7 sont bien prises en charge par son GPU. Pour les amateurs d’émulation Windows sur Android, ce petit détail technique pourrait avoir beaucoup d’importance.

Samuel Le Goff suit l’actualité des smartphones, des systèmes d’exploitation mobiles et de l’intelligence artificielle depuis plus de 14 ans. Il couvre notamment Samsung, Xiaomi, Apple, Android, iOS et les grandes tendances du numérique.
