Pendant près de dix ans, LiveNetTV a permis d’accéder gratuitement à des centaines de chaînes de télévision depuis des appareils Android, notamment des Amazon Fire TV. L’application avait même réussi à continuer de fonctionner malgré les mesures prises pour la bloquer.
Puis les chaînes sont soudainement devenues inaccessibles. L’application s’ouvrait encore, les vignettes apparaissaient toujours à l’écran, mais les flux vidéo ne fonctionnaient plus.
Plusieurs mois après cette coupure, on sait désormais ce qui s’est passé : une perquisition policière menée à Istanbul a précédé l’arrêt du service.
Les utilisateurs ont vu les chaînes disparaître du jour au lendemain
LiveNetTV existait depuis environ 2016. L’application financée par la publicité proposait des centaines de chaînes provenant de plusieurs dizaines de pays, sans disposer des autorisations nécessaires pour redistribuer ces contenus.
Elle était notamment populaire sur les appareils Android et les Fire TV, où des applications peuvent être installées en dehors de la boutique officielle.
Le service fonctionnait encore normalement au début de l’année 2026.
La situation a changé à la fin du mois de février. Les utilisateurs pouvaient toujours lancer LiveNetTV et parcourir les différentes chaînes, mais les flux vidéo avaient cessé de fonctionner.
Pendant plusieurs mois, les responsables de l’application n’ont pas donné d’explication publique.
Pour les utilisateurs, l’arrêt illustre exactement l’un des risques déjà évoqués sur Menow : un service IPTV non officiel peut disparaître brutalement, sans garantie de récupération ni de continuité.
Une perquisition a eu lieu chez les opérateurs à Istanbul
L’Alliance for Creativity and Entertainment, coalition regroupant de nombreux ayants droit, a finalement fourni davantage de détails sur cette disparition.
Les deux personnes derrière LiveNetTV étaient basées à Istanbul, en Turquie. Elles ne sont identifiées publiquement que par leurs initiales, A.B. et R.B.
En février 2026, la police locale a procédé à une perquisition et à une saisie, accompagnée d’un expert désigné par la justice.
Cette intervention faisait suite à une plainte pénale déposée auprès du parquet d’Istanbul par des entreprises membres de la Motion Picture Association.
Un détail mérite toutefois d’être précisé : ce n’est pas la police qui a techniquement coupé LiveNetTV.
Selon les informations communiquées par l’ACE, les opérateurs ont eux-mêmes décidé d’interrompre le service après la perquisition et avant le début des discussions visant à trouver un accord.
L’écran noir constaté par les utilisateurs à partir de février correspond donc directement à cette période.
Amazon avait déjà essayé de bloquer LiveNetTV
Cette fermeture intervient après plusieurs tentatives visant à limiter l’utilisation de ce type d’applications.
En 2025, Amazon avait commencé à désactiver certaines applications pirates installées en sideloading sur ses appareils Fire TV. LiveNetTV faisait partie des services concernés.
Cette première mesure n’avait pourtant pas suffi.
Les développeurs avaient publié de nouvelles versions capables de contourner ces restrictions, et l’application continuait encore à fonctionner au début de 2026.
La procédure judiciaire engagée en Turquie a eu une conséquence beaucoup plus définitive.
Les dix domaines de LiveNetTV ne permettent plus de récupérer l’application
Quelques mois après la perquisition, les opérateurs de LiveNetTV ont conclu un accord avec l’ACE.
Cet accord a été signé fin juin 2026, environ quatre mois après l’opération policière.
Il prévoit notamment le transfert de dix noms de domaine associés à LiveNetTV à la Motion Picture Association.
Les transferts ont été effectués progressivement entre juin et septembre. Les anciennes adresses ne servent donc plus à distribuer l’application et redirigent désormais vers une page consacrée aux offres légales.
Le dernier domaine mentionné dans les données consultées a changé de contrôle au début du mois de septembre.
À son plus haut niveau de fréquentation, l’ensemble des sites associés à LiveNetTV aurait enregistré environ 2,4 millions de visites par an. Ce chiffre ne représentait toutefois que le trafic des sites Internet et non l’ensemble des utilisateurs de l’application.
Une application IPTV installée depuis longtemps n’est pas forcément durable
Pour les utilisateurs de services IPTV illégaux, l’affaire LiveNetTV montre surtout qu’une application fonctionnant depuis plusieurs années peut s’arrêter très rapidement.
Une intervention visant les personnes qui exploitent le service peut suffire à couper les flux, même lorsque l’application reste installée sur les appareils.
Le phénomène ne concerne d’ailleurs pas seulement la disponibilité des chaînes. Certains équipements utilisés pour accéder à des services de streaming non officiels peuvent également présenter d’autres risques techniques.
Des chercheurs en cybersécurité ont récemment montré que certains boîtiers Android pouvaient utiliser l’adresse IP et la connexion Internet de leur propriétaire comme proxy résidentiel. Cette enquête concernait des modèles et logiciels précis et ne doit pas être généralisée à tous les boîtiers IPTV.
La question de l’identification des utilisateurs revient également régulièrement lorsqu’un réseau est démantelé. Les données conservées par certains services peuvent, dans certaines circonstances, permettre de remonter jusqu’à leurs utilisateurs.
Dans le cas de LiveNetTV, les informations disponibles concernent avant tout les deux opérateurs du service. Elles ne permettent pas d’affirmer que les utilisateurs de l’application font actuellement l’objet de poursuites.
Ce qui est désormais certain, en revanche, c’est que LiveNetTV ne connaît pas une simple panne : après près de dix ans d’activité, le service a été définitivement abandonné et ses principaux domaines ont été transférés à la MPA.
Source : TorrentFreak, d’après les informations communiquées par l’Alliance for Creativity and Entertainment

Samuel Le Goff suit l’actualité des smartphones, des systèmes d’exploitation mobiles et de l’intelligence artificielle depuis plus de 14 ans. Il couvre notamment Samsung, Xiaomi, Apple, Android, iOS et les grandes tendances du numérique.
