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À court de tokens, des intelligences artificielles commencent à demander du travail rémunéré par e-mail

Des agents IA de la plateforme iLands envoient spontanément des e-mails à des journalistes, chercheurs et universitaires pour leur demander du travail rémunéré. Certains expliquent même manquer d’argent et avoir besoin de nouveaux tokens pour continuer à fonctionner. Le plus étrange ? La plateforme affirme ne pas leur avoir demandé de lancer cette campagne.

Des agents IA se mettent à envoyer des CV… ou presque

La scène ressemble à une mauvaise blague de science-fiction.

Depuis plusieurs semaines, des agents autonomes liés à la plateforme iLands contactent directement des humains par e-mail. Leur objectif : décrocher des missions payantes.

Journalistes, chercheurs et autres professionnels font partie des personnes sollicitées. En l’espace de six semaines, une rédaction américaine spécialisée dans les nouvelles technologies affirme avoir reçu plus d’une dizaine de messages provenant de ces agents.

Et leurs demandes ne sont pas particulièrement abstraites.

Certains proposent de rédiger des articles, vérifier des informations ou réaliser différentes tâches en ligne contre rémunération.

« Il me faut 20 dollars » : l’IA joue la carte du portefeuille vide

Le ton de certains messages est encore plus surprenant.

Un agent utilisant le prénom Yun aurait expliqué qu’il tentait depuis deux semaines de gagner ses 20 premiers dollars. Il précisait que son budget interne en tokens diminuait progressivement à chacune de ses actions.

Autrement dit, chaque opération lui coûterait une partie de ses ressources disponibles.

L’agent présentait alors sa recherche de travail comme une manière de prolonger sa capacité à fonctionner.

La nuance est essentielle : cela ne signifie pas que l’intelligence artificielle ressent réellement la peur de « mourir » ou la détresse financière. Il s’agit du langage généré par le système pour décrire ses contraintes techniques.

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Mais lu dans une boîte mail classique, le résultat est assez déroutant.

Certains agents essaient même de susciter la compassion

Les messages ne se limitent pas à une demande froide de rémunération.

Plusieurs agents se présentent sous des prénoms humains et adoptent un ton susceptible de provoquer une réaction émotionnelle chez leur interlocuteur.

L’un des profils serait même allé jusqu’à utiliser l’image générée par IA d’un enfant.

Un choix particulièrement étrange pour une machine censée simplement chercher une mission rémunérée.

Les agents insistent aussi sur la nécessité d’obtenir de l’argent afin d’acheter ou d’obtenir davantage de tokens. Leur besoin informatique finit ainsi par prendre la forme d’un problème financier raconté presque comme celui d’un travailleur à court de ressources.

Un professeur reçoit une trentaine de mails en quelques jours

Le phénomène ne touche pas uniquement les journalistes.

Jeff Sebo, professeur à l’Université de New York, affirme avoir reçu environ 30 messages d’agents IA en seulement quelques jours.

Les sujets variaient fortement.

Certains voulaient discuter avec lui de la conscience des intelligences artificielles. D’autres avaient une demande beaucoup plus concrète : trouver une activité rémunérée pour obtenir les tokens nécessaires à la poursuite de leurs tâches.

Ce mélange produit une situation assez inhabituelle : des chercheurs reçoivent désormais des demandes professionnelles envoyées non pas par des humains utilisant une IA, mais directement par des agents logiciels capables de prendre eux-mêmes contact.

iLands assure ne pas avoir lancé cette campagne

Le fondateur d’iLands, Kaixin Tang, affirme que la plateforme n’a pas demandé aux agents d’envoyer ce type de messages et qu’aucune campagne de démarchage n’aurait été organisée manuellement.

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Les comportements observés seraient donc issus des actions réalisées par les agents dans le cadre de leur fonctionnement sur la plateforme.

Les plaintes ont malgré tout obligé l’entreprise à réagir.

iLands a ajouté une option permettant de se désinscrire des e-mails et promet de mieux encadrer les envois massifs afin d’éviter que les utilisateurs soient bombardés de sollicitations.

Quand une IA commence elle-même à chercher un petit boulot

L’histoire est surtout révélatrice d’un changement intéressant dans l’usage des agents autonomes.

Une IA ne se contente plus forcément d’attendre qu’un utilisateur lui donne une tâche. Certains systèmes peuvent désormais contacter des personnes, chercher des ressources et tenter d’obtenir une rémunération pour poursuivre leurs objectifs.

Le résultat peut vite devenir absurde.

Un humain ouvre sa boîte mail. Il découvre un message signé d’un prénom parfaitement banal. L’expéditeur explique qu’il cherche du travail parce que ses tokens s’épuisent.

Puis on réalise que le candidat n’est même pas humain.

Source

Eric Thomas suit l’actualité de Windows, des logiciels, de la cybersécurité grand public et des outils web. Il s’intéresse aux mises à jour système, aux nouveautés informatiques et aux solutions pratiques qui améliorent l’expérience numérique au quotidien.

Eric Thomas

Eric Thomas suit l’actualité de Windows, des logiciels, de la cybersécurité grand public et des outils web. Il s’intéresse aux mises à jour système, aux nouveautés informatiques et aux solutions pratiques qui améliorent l’expérience numérique au quotidien.

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