Pour toute une génération d’internautes, Lycos reste associé aux débuts du Web, à son célèbre chien noir et au slogan « Va chercher ». Disparu du paysage français depuis de longues années, Lycos.fr vient pourtant de refaire surface.
Le domaine a changé de propriétaire le 21 septembre 2026 pour 35 300 euros. Mais l’opération ne se limite pas au rachat d’une vieille adresse connue : un moteur de recherche, un portail d’actualités et des pages personnelles sont déjà en cours de développement ou accessibles.
Lycos.fr s’est vendu 35 300 euros
Le retour de Lycos commence avec l’expiration du nom de domaine français.
Le 21 septembre 2026, lycos.fr est adjugé 35 300 euros sur WebExpire, une plateforme spécialisée dans les noms de domaine expirés.
Le montant est particulièrement élevé pour un domaine en .fr, mais Lycos conserve une notoriété importante auprès des internautes qui ont découvert le Web dans les années 1990 et 2000.
L’acquéreur est ADN Contents, une société française dirigée par Benjamin Romei et déjà active dans l’édition de plusieurs sites et médias en ligne.
Il faut toutefois distinguer le nouveau projet de l’ancien Lycos européen : le site actuel est construit autour du domaine historique lycos.fr, mais il ne constitue pas une simple réouverture de l’ancienne société telle qu’elle existait il y a vingt ans.
Un nouveau moteur de recherche est déjà en préparation
La partie la plus intéressante concerne le moteur lui-même.
La nouvelle équipe ne cherche pas uniquement à afficher des résultats provenant de Google ou de Bing. Elle travaille sur son propre index du Web.
Fin septembre, Benjamin Romei indiquait que cet index regroupait déjà environ 2,4 millions de ressources.
Cela reste évidemment très éloigné de l’échelle atteinte par Google, mais le choix montre que le projet tente réellement de reconstruire une technologie de recherche indépendante plutôt qu’une simple interface posée sur un moteur existant.
Le service permet également de modifier la manière dont une requête est interprétée, entre recherche directement liée aux mots saisis et recherche davantage basée sur leur sens.
Lycos tente donc bien de redevenir un moteur de recherche à part entière.
Lycos veut aussi redevenir un portail Web
Le projet va plus loin que la recherche.
Lycos.fr propose également un service d’actualités qui regroupe plusieurs contenus autour d’un même événement afin d’en présenter rapidement les principaux éléments.
Le portail couvre notamment :
- l’actualité française ;
- l’international ;
- l’économie ;
- la technologie.
Cette approche rappelle directement le rôle joué autrefois par les grands portails Internet, qui combinaient recherche, actualités et différents services au sein d’une même page d’accueil.
Lycos ID permet de réserver sa propre page
La fonctionnalité la plus originale porte le nom de Lycos ID.
Les internautes peuvent réserver une adresse personnelle sous une forme comme :
lycos.fr/nom
Cette page sert ensuite de petite identité publique sur Internet, avec une présentation et différents renseignements liés au profil.
Le principe reprend une idée très ancienne du Web : disposer de sa propre page personnelle facilement accessible, mais adaptée aux usages actuels.
Des entreprises disposent déjà de pages certifiées
Le système ne vise pas uniquement les particuliers.
Un annuaire public regroupe déjà des profils consacrés à :
- des professionnels ;
- des consultants ;
- des entreprises ;
- des médias ;
- différents projets Web.
Certaines pages disposent également d’un statut de page certifiée.
Les profils peuvent notamment intégrer un lien vers leur propre site Internet.
Lycos retrouve ainsi une logique proche de celle des anciens annuaires Web, mais avec une dimension d’identité numérique plus moderne.
Pourquoi dépenser 35 300 euros pour Lycos.fr ?
Le prix payé pour le domaine peut sembler élevé.
Mais Lycos possède quelque chose qu’un nouveau service ne peut pas fabriquer rapidement : un nom déjà connu par des millions d’internautes.
À la fin des années 1990 et au début des années 2000, Lycos faisait partie des grandes portes d’entrée vers Internet, aux côtés de Yahoo! et d’autres portails aujourd’hui disparus ou profondément transformés.
Cette notoriété historique donne immédiatement au nouveau projet une identité reconnaissable.
Le domaine peut également encore bénéficier d’une visibilité liée à son ancienneté et à la mémoire collective du Web, même si cela ne garantit évidemment ni audience durable ni succès face aux moteurs actuels.
Lycos peut-il vraiment revenir face à Google ?
Il serait beaucoup trop tôt pour considérer Lycos comme un concurrent direct de Google.
Son index reste encore minuscule face aux infrastructures des grands moteurs internationaux et le nouveau service vient à peine de commencer son développement.
Mais le projet ne cherche pas forcément à reproduire Google à l’identique.
Avec :
- son propre moteur de recherche ;
- un portail d’actualités ;
- un annuaire ;
- Lycos ID ;
- des pages personnelles et professionnelles ;
le nouveau Lycos tente plutôt de reconstruire une porte d’entrée généraliste vers le Web français.
La question sera désormais de savoir si la nostalgie autour du nom Lycos peut se transformer en véritable usage régulier.
Une chose est certaine : 17 ans après la fermeture de Lycos Europe, le nom n’a pas complètement disparu de la mémoire du Web français.

Eric Thomas suit l’actualité de Windows, des logiciels, de la cybersécurité grand public et des outils web. Il s’intéresse aux mises à jour système, aux nouveautés informatiques et aux solutions pratiques qui améliorent l’expérience numérique au quotidien.
