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Adobe a désormais 7 concurrents gratuits et open source : Photoshop, Premiere et Illustrator sont directement visés

Une nouvelle suite de logiciels créatifs tente de s’attaquer frontalement à Adobe. Baptisée Crafting Apps et développée par l’équipe ArtCraft, elle regroupe sept applications gratuites et open source conçues comme des alternatives à Photoshop, Illustrator, Premiere Pro, Lightroom, Acrobat, After Effects et InDesign.

Le projet attire déjà beaucoup d’attention, mais il faut immédiatement nuancer une chose : ces logiciels ne remplacent pas encore réellement Adobe Creative Cloud dans un environnement professionnel. Plusieurs sont encore en phase alpha ou en développement.

L’intérêt est ailleurs : ArtCraft essaie de recréer des outils familiers, natifs, rapides et sans abonnement, avec une approche pensée dès le départ pour l’automatisation et les agents IA.

Sept applications veulent remplacer les principaux logiciels Adobe

La suite couvre quasiment tous les grands usages créatifs d’Adobe.

Elle se compose de :

  • PhotoCraft pour la retouche d’image, face à Photoshop ;
  • VectorCraft pour l’illustration vectorielle, face à Illustrator ;
  • FilmCraft pour le montage vidéo, face à Premiere Pro ;
  • LightCraft pour la gestion et le développement photo, face à Lightroom ;
  • PrintCraft pour les PDF, face à Acrobat Pro ;
  • EffectCraft pour les effets visuels et le motion design, face à After Effects ;
  • DesignCraft pour la mise en page, face à InDesign.

Sur la page officielle des applications Crafting Apps d’ArtCraft, l’équipe présente l’ensemble comme sept logiciels natifs et open source construits en Rust et gratuits à utiliser.

La promesse est ambitieuse : permettre à un créatif de retrouver des repères proches de ceux d’Adobe sans dépendre d’un abonnement permanent.

PhotoCraft est déjà le projet le plus avancé

Tous les logiciels ne sont pas au même niveau.

PhotoCraft fait partie de ceux qui semblent aujourd’hui les plus avancés. L’éditeur est encore présenté comme une early alpha, mais il sait déjà gérer plusieurs fonctions importantes :

  • calques ;
  • masques ;
  • calques de réglage ;
  • texte ;
  • formes vectorielles ;
  • pinceaux ;
  • ouverture et sauvegarde de fichiers PSD.

ArtCraft affirme même avoir testé la compatibilité avec de vrais fichiers Photoshop et obtenu un retour identique sur 134 fichiers PSD sur 135.

C’est intéressant, mais il faut garder le bon niveau d’attente.

Nous sommes encore loin de la maturité de Photoshop, qui bénéficie de plusieurs décennies de développement, d’un écosystème de plugins et d’outils professionnels extrêmement complexes.

L’interface ressemble volontairement à celle des logiciels Adobe

ArtCraft ne cherche pas à réinventer totalement les habitudes des créatifs.

Au contraire, les menus, les panneaux, les raccourcis et l’organisation générale sont volontairement proches de ce que connaissent déjà les utilisateurs Adobe.

L’objectif est évident : réduire la courbe d’apprentissage.

Quelqu’un habitué à Photoshop ou Premiere doit pouvoir ouvrir l’équivalent ArtCraft et comprendre rapidement où se trouvent les principaux outils.

C’est un choix intelligent, car l’un des plus gros freins lorsqu’on quitte Adobe n’est pas uniquement la puissance du logiciel.

C’est aussi le temps nécessaire pour reconstruire ses habitudes de travail.

Tout est développé en Rust

L’autre particularité de Crafting Apps vient de sa base technique.

Les sept applications sont développées en Rust, un langage particulièrement apprécié pour ses performances et sa gestion de la mémoire.

ArtCraft évite notamment Electron et les grosses interfaces web encapsulées dans une application de bureau.

PhotoCraft utilise par exemple un moteur GPU pouvant s’appuyer sur Metal, Vulkan, DirectX 12 ou WebGPU selon la plateforme.

Cette approche pourrait permettre d’obtenir des logiciels plus légers et plus réactifs qu’une application construite autour d’un navigateur embarqué.

Mais là encore, les performances devront surtout être jugées sur des projets complexes et de gros fichiers une fois les logiciels plus matures.

Windows, macOS et Linux sont tous visés

L’équipe ArtCraft veut également éviter l’un des problèmes fréquents des logiciels créatifs alternatifs : la limitation à une seule plateforme.

Les applications sont prévues pour :

  • Windows ;
  • macOS ;
  • Linux.

Plusieurs disposent également d’une version WebAssembly capable de fonctionner dans un navigateur.

C’est particulièrement intéressant pour Linux, où certaines applications professionnelles d’Adobe restent absentes.

Pour les utilisateurs de cet environnement, disposer à terme d’un ensemble cohérent couvrant photo, vidéo, PDF et mise en page pourrait donc être très intéressant.

L’IA fait aussi partie du projet dès le départ

ArtCraft ne veut pas uniquement créer des alternatives locales aux logiciels Adobe.

Les applications sont conçues pour pouvoir être pilotées par des agents IA.

PhotoCraft peut par exemple être contrôlé depuis son interface graphique, mais également via une ligne de commande, un canal JSON ou un serveur MCP.

Cela signifie qu’un agent pourrait théoriquement exécuter plusieurs actions directement dans le logiciel : créer un document, appliquer un réglage, déplacer un élément ou enchaîner certaines opérations.

Cette approche arrive au moment où Adobe intègre lui-même beaucoup plus d’intelligence artificielle dans Photoshop.

La différence est qu’ArtCraft semble vouloir rendre l’automatisation beaucoup plus ouverte et accessible aux développeurs.

Les sept logiciels sont gratuits et open source

C’est probablement leur argument le plus évident.

ArtCraft présente ces applications comme gratuites et open source.

Le code est accessible publiquement, ce qui permet aux développeurs de l’étudier, de le modifier ou de contribuer au projet.

Il n’y a pas non plus d’obligation d’utiliser constamment le cloud.

Pour les utilisateurs qui cherchent à éviter un abonnement Adobe, cette philosophie est forcément séduisante.

Mais gratuit ne veut pas dire prêt à remplacer immédiatement Creative Cloud.

FilmCraft et EffectCraft sont encore loin d’un usage professionnel complet

C’est particulièrement vrai pour les logiciels les plus complexes.

Remplacer Premiere Pro ou After Effects est beaucoup plus difficile qu’ajouter quelques outils de montage ou d’animation.

Un professionnel dépend souvent de :

  • plugins ;
  • codecs ;
  • effets ;
  • scripts ;
  • expressions ;
  • gestion colorimétrique ;
  • performances GPU ;
  • projets existants ;
  • intégration avec d’autres logiciels.

FilmCraft et EffectCraft sont encore indiqués comme en développement.

Il serait donc prématuré de conseiller à un monteur ou un studio de supprimer Premiere ou After Effects dès aujourd’hui.

Le projet doit encore prouver sa stabilité, sa compatibilité et sa capacité à gérer de vrais workflows professionnels.

ArtCraft peut néanmoins devenir un projet à surveiller sérieusement

L’intérêt de cette suite tient surtout à son ambition.

Il existe déjà des alternatives libres très solides à certaines applications Adobe, mais il est beaucoup plus rare de voir une équipe essayer de reconstruire un ensemble cohérent de sept outils avec les mêmes principes techniques et la même logique d’interface.

Si ArtCraft parvient à faire mûrir PhotoCraft, FilmCraft, VectorCraft et les autres sans perdre cette cohérence, la suite pourrait devenir une véritable option pour les indépendants, les étudiants ou les petites structures.

À court terme, il faut néanmoins considérer Crafting Apps comme une suite prometteuse encore très jeune, pas comme un remplacement immédiat de Creative Cloud.

Et c’est probablement ce qui rend le projet intéressant : il ne cherche pas simplement à proposer un énième éditeur gratuit, mais à reconstruire presque tout un environnement créatif autour de logiciels ouverts, locaux et pilotables par l’IA.

Eric Thomas suit l’actualité de Windows, des logiciels, de la cybersécurité grand public et des outils web. Il s’intéresse aux mises à jour système, aux nouveautés informatiques et aux solutions pratiques qui améliorent l’expérience numérique au quotidien.

Eric Thomas

Eric Thomas suit l’actualité de Windows, des logiciels, de la cybersécurité grand public et des outils web. Il s’intéresse aux mises à jour système, aux nouveautés informatiques et aux solutions pratiques qui améliorent l’expérience numérique au quotidien.

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