L’essor de l’intelligence artificielle et des centres de données pourrait créer une forte demande pour trois métiers qualifiés : électriciens, plombiers et charpentiers. Jensen Huang, PDG de Nvidia, estime que ces profils seront indispensables pour construire les infrastructures physiques de la nouvelle économie technologique. Une opportunité majeure pour des carrières bien rémunérées, souvent accessibles sans diplôme universitaire.
L’IA va aussi créer des emplois très concrets sur les chantiers
La croissance rapide de l’intelligence artificielle transforme déjà le marché du travail. Si certains s’inquiètent de la disparition de postes, Jensen Huang défend une autre lecture : les infrastructures nécessaires à l’IA vont nécessiter une main-d’œuvre massive.
Interrogé par Channel 4 News, le patron de Nvidia a insisté sur un point simple : les centres de données ne se construisent pas uniquement avec du code. Ils demandent des bâtiments, des réseaux électriques, de la plomberie, des systèmes de refroidissement et des équipes capables de les installer.
Selon lui, les électriciens, les plombiers et les charpentiers seront donc essentiels. « Si vous êtes électricien, plombier, charpentier, nous allons avoir besoin de centaines de milliers de personnes pour construire toutes ces usines », a déclaré Jensen Huang.
Il estime aussi que la demande pour ces métiers qualifiés pourrait doubler chaque année.
Nvidia mise des milliards sur les centres de données

Cette analyse rejoint la stratégie financière de Nvidia. En 2024, l’entreprise a annoncé un investissement de 100 milliards de dollars dans OpenAI afin d’accélérer le développement de nouveaux centres de données alimentés par ses processeurs d’intelligence artificielle.
Le marché pourrait atteindre une taille considérable. Selon McKinsey, les investissements mondiaux dans les centres de données pourraient grimper jusqu’à 7 000 milliards de dollars d’ici 2030.
Ces infrastructures deviennent indispensables pour entraîner et faire fonctionner les modèles d’IA les plus puissants.
Des salaires élevés sans passage obligatoire par l’université
La construction d’un centre de données de 23 000 mètres carrés peut mobiliser jusqu’à 1 500 travailleurs. Beaucoup de ces postes sont des métiers techniques qualifiés.
Certains salariés peuvent gagner plus de 100 000 dollars par an, sans compter les heures supplémentaires. Ces emplois ne nécessitent pas forcément de diplôme universitaire.
Une fois en service, un centre de données emploie environ 50 personnes sur site. Chaque poste direct créerait aussi 3,5 emplois indirects dans l’économie locale.
Le futur de la tech ne se jouera pas seulement dans le logiciel
Jensen Huang insiste sur une idée souvent oubliée : la prochaine vague technologique dépendra aussi de la construction, de l’énergie et des infrastructures.
Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il étudierait aujourd’hui, il a répondu : « Le jeune Jensen aurait probablement choisi davantage les sciences physiques que les sciences du logiciel. »
Pour lui, les opportunités ne se limiteront donc pas aux développeurs. Elles concerneront aussi les professionnels capables de bâtir et maintenir les installations qui font tourner l’IA.
La pénurie de main-d’œuvre inquiète aussi BlackRock et Ford
Nvidia n’est pas la seule entreprise à alerter sur ce manque de travailleurs qualifiés.
Larry Fink, directeur général de BlackRock, a déclaré en mars 2025 que la pénurie touchait déjà la construction des centres de données dédiés à l’IA. Il a notamment évoqué un manque d’électriciens.
Jim Farley, PDG de Ford, a exprimé la même inquiétude à propos de la réindustrialisation américaine. Selon des chiffres qu’il a publiés en 2025, les États-Unis manquaient de 600 000 employés dans les usines et de 500 000 travailleurs dans la construction.
Des jeunes choisissent déjà les métiers techniques
Certains membres de la génération Z se tournent déjà vers cette voie.
Jacob Palmer, originaire de Caroline du Nord, a choisi un apprentissage d’électricien après le lycée. À 21 ans, il a lancé sa propre entreprise.
Il aurait réalisé près de 90 000 dollars de chiffre d’affaires en 2024, puis dépassé les 100 000 dollars l’année suivante. Il met aussi en avant un avantage majeur : aucune dette étudiante.
Le département américain de l’Éducation a commencé à renforcer les programmes de formation technique pour répondre à cette demande. L’objectif est de former davantage de professionnels capables de construire et d’entretenir les infrastructures de l’IA.

Eric Thomas suit l’actualité de Windows, des logiciels, de la cybersécurité grand public et des outils web. Il s’intéresse aux mises à jour système, aux nouveautés informatiques et aux solutions pratiques qui améliorent l’expérience numérique au quotidien.
