Regarder une vidéo de meilleure qualité sans augmenter autant le débit nécessaire : c’est la promesse technique derrière l’AV2, que YouTube compte utiliser sur le Web dès début 2027. Le calendrier a été confirmé dans un communiqué de l’Alliance for Open Media du 22 octobre. Aucune date équivalente pour l’application Android ou les téléviseurs n’y est annoncée.
La nuance compte si vous attendez une amélioration immédiate sur votre smartphone. Un nouveau format vidéo peut être disponible chez un diffuseur avant que tous les navigateurs, applications et appareils sachent le lire efficacement. Le lancement annoncé vise d’abord un chemin précis : YouTube dans un navigateur compatible.
Une meilleure compression ne veut pas toujours dire moins de données
Un codec définit comment une vidéo est encodée pour être transmise, puis reconstruite à la lecture. L’objectif est de représenter l’image avec moins de données tout en conservant une qualité satisfaisante. L’AV2 succède à l’AV1 dans la famille de formats ouverts portée par AOMedia.
L’alliance annonce environ 30 % d’efficacité de compression supplémentaire par rapport à l’AV1. Ce chiffre décrit la comparaison technique présentée par l’organisation ; il ne garantit pas une économie identique sur chaque vidéo, chaque écran ou chaque forfait mobile. La scène, les réglages d’encodage et les choix du diffuseur influencent le résultat.
Deux usages sont possibles : conserver une qualité proche avec moins de débit, ou utiliser un débit comparable pour proposer une image plus détaillée. Le second choix peut améliorer l’expérience sans faire baisser votre consommation de données. Présenter l’arrivée de l’AV2 comme une réduction automatique de 30 % de la facture Internet serait donc trompeur.
YouTube donne une échéance pour le Web
Dans la déclaration originale d’AOMedia, Des Keane, responsable de l’ingénierie chez YouTube, annonce des flux AV2 sur le Web dès début 2027. Le codec avait été publié en juin : la nouvelle information n’est pas son existence, mais cette première fenêtre d’utilisation chez un diffuseur majeur.
Le point de FlatpanelsHD précise que ce démarrage est envisagé avec un décodage logiciel. Autrement dit, le processeur peut prendre en charge le travail de lecture sans qu’un circuit spécialisé AV2 soit nécessaire pour cette première étape.
Cela permet d’amorcer une transition avant le renouvellement du parc matériel. Ce n’est toutefois pas la même chose qu’une prise en charge efficace sur tous les appareils : la charge de calcul dépend de la vidéo et de la machine. Sur un équipement limité ou alimenté par batterie, cette question reste importante.
Un logo de constructeur parmi les soutiens ne suffit pas
Apple, Google, Samsung, Intel, Netflix et Amazon font partie des acteurs engagés dans cet écosystème. Leur participation à une norme ne signifie pas que tous les produits déjà vendus possèdent les composants ou les logiciels nécessaires pour l’exploiter. Le soutien industriel et la compatibilité d’un modèle précis sont deux informations distinctes.
Le décodage matériel, assuré par des circuits dédiés, devient particulièrement intéressant pour les vidéos exigeantes et la consommation électrique. Son arrivée dépend des puces, puis de leur intégration et de l’activation logicielle. Une application mise à jour ne peut pas ajouter physiquement un bloc de décodage manquant à un ancien processeur.
Les déclarations de l’alliance évoquent aussi la visioconférence et les expériences affichant plusieurs vidéos. Ces perspectives ne constituent pas un calendrier de lancement détaillé pour chaque service. Netflix, Prime Video ou une marque de téléviseurs doivent encore préciser leurs propres conditions et échéances.

Samuel Le Goff suit l’actualité des smartphones, des systèmes d’exploitation mobiles et de l’intelligence artificielle depuis plus de 14 ans. Il couvre notamment Samsung, Xiaomi, Apple, Android, iOS et les grandes tendances du numérique.



