Jusqu’à 1,2 Go de mémoire vive utilisés pour une simple messagerie : c’est le constat dressé après plusieurs tests de WhatsApp sur Windows 11. Depuis son passage à une version basée sur WebView2, l’application accumule les critiques pour sa lenteur, sa consommation de ressources et ses problèmes de stabilité. Pour de nombreux utilisateurs, l’expérience est désormais moins fluide que celle proposée directement dans un navigateur.
Une application qui monopolise les ressources du PC
WhatsApp compte environ 3 milliards d’utilisateurs actifs chaque mois, tandis que Windows équipe près de 1,6 milliard d’appareils. Pourtant, la version Windows de la messagerie est régulièrement pointée du doigt pour ses performances décevantes.
Selon les tests rapportés, l’application peut déjà utiliser près de 400 Mo de RAM avant même qu’un compte ne soit connecté. Une fois l’utilisateur authentifié et après quelques échanges dans les conversations, la consommation grimpe facilement vers 1,2 Go de mémoire.
Même au repos, WhatsApp conserverait environ 600 Mo de RAM, un niveau particulièrement élevé pour une application de messagerie instantanée.

Des ralentissements visibles au quotidien
Le problème ne se limite pas à la mémoire consommée.
L’envoi d’un message peut afficher un délai perceptible avant l’apparition du premier indicateur de transmission. Le changement entre différentes conversations prend parfois plus d’une seconde, tandis que le défilement des messages manque de fluidité.
Plusieurs utilisateurs signalent également des gels de l’application, des notifications retardées ou des déconnexions après une sortie de veille ou une reprise depuis l’hibernation du PC.
Autre point critiqué : fermer la fenêtre ne met pas réellement fin au programme. WhatsApp continue généralement de fonctionner en arrière-plan afin de maintenir ses notifications, ce qui prolonge sa consommation de ressources.
Les anciens PC sont les plus pénalisés
Sur des configurations modestes, les conséquences deviennent encore plus visibles.
L’exemple cité est celui d’un PC équipé d’un processeur Intel Core i3 de sixième génération et de 8 Go de RAM. Malgré plusieurs logiciels installés, Windows 11 reste réactif. WhatsApp fait figure d’exception.
Dans ce scénario, l’application utilise environ 600 Mo de mémoire sans activité particulière et peut mobiliser plus de 22 % du processeur alors qu’une seule conversation est ouverte.
Pour les utilisateurs qui privilégient le clavier à leur smartphone, ces ralentissements peuvent rendre les échanges de groupe nettement moins confortables.
Le passage à WebView2 est au cœur des critiques
La principale explication avancée concerne l’abandon de l’ancienne application UWP au profit d’une version basée sur WebView2.
Concrètement, WhatsApp pour Windows fonctionne désormais comme une enveloppe qui charge une version web de la messagerie à l’intérieur d’un moteur Chromium. Cette architecture multiplie les processus en arrière-plan pour gérer le rendu graphique, le réseau, le stockage, l’audio ou encore la sécurité.
L’ancienne application UWP utilisait directement les API natives de Windows et nécessitait beaucoup moins de ressources. Selon les chiffres avancés, elle pouvait rester sous les 100 Mo de RAM au repos, même avec de nombreuses conversations et groupes actifs.
Microsoft également visé par les critiques
Le débat dépasse désormais le seul cas de WhatsApp.
Des applications majeures comme Microsoft Teams reposent elles aussi sur des technologies web similaires. Malgré plusieurs optimisations récentes, Teams peut encore consommer près de 1 Go de RAM au repos selon les observations mentionnées.
Cette situation alimente une critique plus large sur la multiplication des applications web encapsulées dans Windows, au détriment des logiciels véritablement natifs.
Microsoft veut remettre les applications natives au premier plan
Lors de Build 2026, Microsoft a multiplié les signaux en faveur du développement natif sous Windows 11.
L’éditeur encourage désormais l’utilisation de WinUI et travaille à remplacer plusieurs composants internes basés sur React Native ou WebView par des solutions natives. Microsoft affirme également vouloir améliorer les performances globales de l’écosystème Windows en réduisant sa dépendance aux applications web.
Reste à savoir si les grands éditeurs suivront cette direction.
Pourquoi WhatsApp natif existe sur macOS, mais pas sur Windows
L’une des critiques les plus récurrentes concerne le traitement réservé aux différentes plateformes.
Alors que WhatsApp dispose d’une application native optimisée sur macOS et même d’une version dédiée à l’Apple Watch, les utilisateurs Windows doivent composer avec une application reposant sur un simple conteneur web.
Meta a progressivement poussé les utilisateurs Windows vers cette nouvelle version depuis la fin de l’année 2025. Plusieurs fonctionnalités supplémentaires ont été testées depuis, mais pour certains observateurs, l’amélioration des performances devrait rester la priorité avant l’ajout de nouvelles options.
Avec plus de 1,5 milliard d’utilisateurs de Windows dans le monde, la pression pourrait continuer à monter pour voir apparaître, à terme, une véritable version native de WhatsApp basée sur WinUI.

Je m’appelle Samuel Le Goff. À 38 ans, je suis l’actualité du numérique depuis plus de 14 ans. Aujourd’hui, je m’intéresse particulièrement aux smartphones et aux usages concrets de l’intelligence artificielle, que je traite à travers des contenus clairs et accessibles sur Menow.fr.
