Une batterie de 7 000 mAh rassure. Mais tiendra-t-elle plus longtemps qu’une batterie de 5 000 mAh dans un autre téléphone ? La capacité seule ne permet pas de répondre. L’étiquette énergie européenne et la base EPREL ajoutent une comparaison de l’autonomie par charge, de l’efficacité et du vieillissement : trois informations à lire séparément pour choisir un smartphone durable.
Une réserve supérieure peut alimenter un appareil plus gourmand
Les milliampères-heures indiquent une quantité de charge électrique. Ils ne décrivent ni la consommation de l’écran, ni le travail du processeur, ni les conditions du réseau. Un téléphone peut disposer d’une réserve supérieure tout en dépensant davantage pour exécuter une même tâche.
Pour comparer rigoureusement l’énergie stockée, les wattheures, qui tiennent aussi compte de la tension, sont plus directs. Pour connaître la durée d’utilisation, il faut ensuite confronter cette énergie à la consommation. C’est pourquoi soustraire deux capacités ou calculer leur écart en pourcentage ne donne pas automatiquement le gain d’autonomie.
L’usage fait varier cette consommation : navigation GPS, jeu, appel vidéo, luminosité élevée ou recherche de réseau ne sollicitent pas l’appareil de la même manière. Une mesure commune aide à comparer les modèles ; elle ne devient pas une promesse personnalisée pour chaque utilisateur.
Heures, classe et cycles : chaque valeur a son rôle
L’étiquetage européen s’applique aux smartphones et tablettes concernés mis sur le marché depuis le 20 juin 2025. Il distingue notamment :
- L’autonomie par cycle, exprimée en heures et minutes selon un protocole standardisé : combien de temps l’appareil fonctionne sur une charge dans ce scénario.
- La classe d’efficacité énergétique, de A à G : comment l’appareil utilise l’énergie, sans se limiter à la taille de sa batterie.
- L’endurance de la batterie en cycles, jusqu’au seuil de 80 % de sa capacité initiale : comment elle conserve sa capacité après des recharges répétées.
- La classe de réparabilité, de A à E : un autre aspect de la conservation du téléphone, distinct de l’autonomie.
Un cycle ne correspond pas obligatoirement à un branchement unique de 0 à 100 %. Deux recharges partielles peuvent contribuer à l’équivalent d’un cycle. Surtout, l’autonomie par charge et le nombre de cycles avant vieillissement ne racontent pas la même durée : l’une concerne l’intervalle entre deux recharges, l’autre la tenue de la batterie dans le temps.
Avec EPREL, vérifiez la référence exacte avant de comparer
Le QR code de l’étiquette renvoie vers la fiche du modèle dans EPREL, la base européenne. Vérifiez la référence exacte : un nom commercial proche peut recouvrir plusieurs configurations ou marchés. La Commission propose aussi un outil de comparaison EPREL, présenté en juillet 2026, pour rapprocher les données des produits.
Comparez d’abord les heures et minutes selon cette même méthode, puis l’endurance en cycles si vous comptez garder longtemps le téléphone. Regardez séparément la réparabilité et la résistance aux chutes figurant sur l’étiquette. Une bonne note sur un axe ne remplace pas les autres.
Complétez le protocole commun par vos usages dominants
L’étiquette fournit une base commune et documentée. Un essai indépendant peut la compléter avec des tâches précises, à condition de conserver le même protocole entre appareils. Pour le jeu, recherchez une mesure de jeu ; pour les déplacements, intéressez-vous aussi aux conditions de réseau utilisées. Les mAh restent une information utile, mais les heures mesurées et la méthode qui les produit répondent bien mieux à la question : lequel tiendra le plus longtemps pour ce que je fais ?

Samuel Le Goff suit l’actualité des smartphones, des systèmes d’exploitation mobiles et de l’intelligence artificielle depuis plus de 14 ans. Il couvre notamment Samsung, Xiaomi, Apple, Android, iOS et les grandes tendances du numérique.


