Reconnaître une voix au téléphone ne suffit plus à identifier celui qui appelle. Jean-Marc Jancovici dénonce l’utilisation d’une imitation de sa voix par une intelligence artificielle pour proposer des panneaux solaires et des travaux d’isolation. L’ingénieur affirme avoir reçu une dizaine de témoignages de personnes démarchées. Il assure n’être à l’origine d’aucun de ces appels.
La voix est familière, l’offre commerciale ne vient pas de lui
Dans sa publication sur LinkedIn, Jean-Marc Jancovici avertit qu’une reproduction convaincante de sa voix circule dans des appels commerciaux. Il explique également qu’il organise habituellement ses échanges professionnels par écrit avant de téléphoner. Sa consigne aux personnes sollicitées est claire : ne transmettre aucune information personnelle ou bancaire.
Un nom associé aux questions énergétiques peut donner une crédibilité immédiate à un discours sur la rénovation du logement. C’est précisément cette association que le destinataire doit remettre en question : connaître les interventions publiques d’un expert ne permet pas d’authentifier une conversation privée.
Un appel enregistré a été relayé par M6
M6 Info a partagé le 30 octobre la séquence d’un internaute confronté à un démarcheur artificiel dont la voix ressemble à celle de l’ingénieur, rapporte RTL dans son article du 31 octobre. L’enregistrement contribue à remettre cette alerte en lumière. L’identité de l’opérateur de ces appels et l’outil employé ne sont pas établis dans les éléments consultés.
Le piège consiste à emprunter la confiance accordée à une personne
Une imitation vocale donne une apparence humaine à un discours commercial, mais elle ne prouve ni l’identité de l’appelant ni son mandat. Dans cette affaire, Jancovici dément participer au démarchage. Lui demander de confirmer un détail personnel pendant l’appel n’apporterait donc pas la vérification recherchée : la conversation reste contrôlée par l’interlocuteur suspect.
La vérification doit se faire hors de cet appel. Un professionnel réellement mandaté doit pouvoir être identifié par un canal indépendant, à partir de coordonnées recherchées soi-même. Un lien envoyé pendant l’échange ou un numéro dicté par l’appelant ne constitue pas ce contrôle indépendant.
Raccrocher permet de reprendre la décision à froid
Face à une sollicitation inattendue, il est préférable d’interrompre l’échange avant de communiquer une adresse détaillée, des documents ou des coordonnées bancaires. Si un projet de travaux vous intéresse, vous pourrez rechercher ensuite l’entreprise et solliciter vous-même un devis.
Le signal d’alerte ne se limite pas à une voix robotique ou à une prononciation étrange. Une voix naturelle peut aussi être imitée. L’histoire de Jancovici rappelle surtout qu’un timbre reconnaissable ne doit jamais remplacer une vérification de l’identité et de l’origine de l’offre.

Eric Thomas suit l’actualité de Windows, des logiciels, de la cybersécurité grand public et des outils web. Il s’intéresse aux mises à jour système, aux nouveautés informatiques et aux solutions pratiques qui améliorent l’expérience numérique au quotidien.



