Une couverture étendue, des communications sécurisées pour les gouvernements et des services commerciaux innovants. Les premiers déploiements sont attendus dès 2025
L’Union européenne a officiellement donné le coup d’envoi d’Iris 2, un ambitieux projet spatial destiné à établir une alternative européenne à Starlink, le réseau satellitaire de SpaceX. L’annonce a été faite le 16 décembre, à la suite de la signature du contrat de concession par la Commission européenne. Iris 2, acronyme de Infrastructure for Resilience, Interconnectivity and Security by Satellite, vise à offrir une infrastructure de communication sécurisée, résiliente et interconnectée, pilotée depuis l’Europe.
Un investissement stratégique de 10,6 milliards d’euros
Le projet représente un budget de 10,6 milliards d’euros, largement supérieur aux six milliards initialement estimés. 61 % de ce montant est financé par des fonds publics, tandis que le reste provient d’investissements privés, Eutelsat étant le principal contributeur avec environ deux milliards d’euros, selon le Financial Times.
Le contrat couvre une période de douze ans, mais les premiers services seront lancés dès 2025. L’ambition européenne est claire : ne plus se contenter de suivre, mais devenir un acteur technologique majeur dans le domaine spatial.
Un partenariat public-privé piloté par Spacerise
Le consortium Spacerise, qui regroupe les partenaires privés du projet, sera chargé de la mise en œuvre. Il rassemble des entreprises de premier plan telles que Eutelsat, Hispasat, SES, Airbus, Thales et Deutsche Telekom.
Timo Pesonen, directeur général pour la défense, l’industrie et l’espace à la Commission européenne, a souligné que ce projet constitue un levier stratégique pour l’autonomie de l’Europe, tout en renforçant la compétitivité et la coopération entre acteurs publics et privés.
Des services gouvernementaux dès 2025, un réseau complet en 2030
Dès l’année prochaine, Iris 2 fournira ses premiers services de communication sécurisée aux gouvernements européens. Ces premiers usages s’appuieront sur les capacités existantes des satellites nationaux, fédérées via le programme Govsatcom. Le déploiement complet, incluant les nouveaux satellites, est prévu pour 2030.
Une large palette d’usages civils et commerciaux
Iris 2 jouera un rôle central dans de nombreux domaines :
- surveillance des frontières et du trafic maritime
- lutte contre la criminalité et réponse aux crises
- protection des infrastructures critiques, notamment les ambassades européennes
- développement des services de santé à distance
- connectivité internet dans les zones isolées, en complément des infrastructures terrestres
Le réseau sera particulièrement utile pour les secteurs du transport, de l’énergie, de la finance et de l’industrie.
Une couverture qui dépasse les frontières européennes
Iris 2 ne se limitera pas à l’Europe continentale. Le système couvrira également les territoires d’outre-mer ainsi que des régions stratégiques comme l’Afrique et l’Arctique, reflétant la volonté de l’UE de sécuriser ses intérêts à l’échelle mondiale.
Une constellation de 290 satellites à basse et moyenne altitude
La constellation sera composée de 290 satellites, nettement moins que les 7 000 de Starlink, mais elle opérera à la fois en orbite basse (LEO) et en orbite moyenne (MEO). Cette configuration permettra de combiner débit élevé et faible latence, tout en assurant une couverture homogène.
L’Agence spatiale européenne (ESA) supervisera les lancements.
Une riposte nécessaire à la domination de Starlink
Si l’Europe parle de leadership technologique, le projet marque surtout une réaction face à l’avance américaine. Un rapport dirigé par Mario Draghi en septembre alertait déjà sur les perturbations engendrées par la montée en puissance de Starlink, avec des conséquences directes, comme la suppression d’emplois chez Airbus et Thales.
Les satellites géostationnaires, à 36 000 kilomètres d’altitude, perdent en popularité. Le marché privilégie désormais les constellations en orbite basse, plus efficaces, plus rapides, et capables de s’adapter aux nouveaux standards comme la 5G.

Je m’appelle Samuel Le Goff. À 38 ans, je suis l’actualité du numérique depuis plus de 14 ans. Aujourd’hui, je m’intéresse particulièrement aux smartphones et aux usages concrets de l’intelligence artificielle, que je traite à travers des contenus clairs et accessibles sur Menow.fr.

