Google a envoyé une consigne à une intelligence artificielle en orbite, puis reçu sa réponse sur Terre. Le résultat tient dans un court poème, mais l’expérience dépasse largement l’exercice littéraire : une puce TPU de la catégorie utilisée dans les centres de calcul a exécuté un modèle d’IA à bord d’un satellite. L’entreprise a annoncé cette étape de Project Suncatcher le 30 octobre.
Gemma 4 a produit son texte à bord du satellite
Selon le compte rendu de Google, l’équipe a demandé au modèle ouvert Gemma 4 de composer un haïku sur la vie dans l’espace. La réponse a été récupérée lors d’un passage du satellite au-dessus du Svalbard, en Norvège.
Le prototype avait été lancé le 1er octobre. Les semaines suivantes ont servi à mettre en route ses équipements et à mener les premiers essais d’apprentissage automatique. Après le poème, les ingénieurs ont aussi envoyé des demandes liées à l’état technique des systèmes embarqués.
Du signal envoyé à la réponse reçue, toute la chaîne doit fonctionner
Le choix d’un poème rend surtout le résultat facile à reconnaître. Pour obtenir cette réponse, il faut transmettre la demande, exécuter le modèle sur le matériel embarqué, puis récupérer le résultat. Un texte court fournit un signal facile à reconnaître au bout de cette chaîne.
Réussir une fois ne garantit pas que le système supportera des mois de travail intensif. Le prochain enjeu est justement de répéter les calculs dans des conditions qui varient, avec des instruments capables de relever les erreurs.
Dans le vide, la chaleur ne s’évacue pas comme dans une salle de serveurs
Dans sa présentation technique de septembre, Google expose deux difficultés majeures : le refroidissement et les radiations. Sans air autour du satellite, les ventilateurs ne peuvent pas évacuer la chaleur vers l’environnement comme ils le feraient dans une pièce. Le projet travaille notamment sur des caloducs et des radiateurs.
Les radiations peuvent aussi perturber l’électronique. Des essais au sol donnent des indications précieuses, mais l’orbite permet d’observer le matériel dans les conditions réelles qu’il devra affronter. C’est ce qui donne de la valeur à ce prototype au-delà d’une démonstration spectaculaire.
Deux satellites connectés constituent l’étape suivante annoncée
Google vise un nouvel essai avec deux satellites interconnectés en 2027. La liaison entre machines constitue un autre chantier : une infrastructure de calcul répartie doit faire circuler les données assez vite et de façon assez fiable pour que les équipements travaillent ensemble.
Le projet de long terme étudie l’intérêt de produire de l’énergie solaire en orbite pour alimenter du calcul. Il ne décrit pas un service que l’on peut choisir aujourd’hui dans un abonnement Gemini, ni un remplacement immédiat des centres de données terrestres.
La première réponse est une preuve de fonctionnement, pas encore une preuve de rentabilité ou d’endurance. La suite du projet se jouera sur des résultats moins visibles qu’un poème : fréquence des erreurs, tenue du matériel et capacité à répéter les calculs dans la durée. C’est là que cette expérience orbitale devra convaincre.

Eric Thomas suit l’actualité de Windows, des logiciels, de la cybersécurité grand public et des outils web. Il s’intéresse aux mises à jour système, aux nouveautés informatiques et aux solutions pratiques qui améliorent l’expérience numérique au quotidien.



