Le modèle R2 de DeepSeek, présenté comme la prochaine vitrine de l’IA chinoise, devait voir le jour au printemps. Mais le passage forcé aux puces Huawei, imposé par Pékin, a provoqué des problèmes techniques qui repoussent sa sortie.
Huawei, un pari imposé qui se retourne contre DeepSeek
Selon le Financial Times, les autorités chinoises ont encouragé DeepSeek à abandonner les GPU Nvidia pour privilégier les puces locales. L’entreprise a donc transféré l’entraînement du modèle R2 sur la plateforme Ascend de Huawei. Mais cette transition a révélé de sérieuses limites : performances instables, vitesses de connexion ralenties et contraintes liées aux outils logiciels CANN.
Pour tenter d’y remédier, Huawei a dépêché une équipe d’ingénieurs dans les centres de données de DeepSeek. Malgré ces efforts, aucun entraînement complet et viable n’a pu être mené. Prévu initialement en mai, le lancement de DeepSeek R2 est désormais repoussé de plusieurs semaines.
Un contexte marqué par la guerre des puces entre la Chine et les États-Unis
Cette déconvenue survient alors que l’accès aux GPU américains devient de plus en plus restreint. Washington a signé un accord avec Nvidia et AMD pour que 15 % des ventes de puces IA comme les H20 soient réservées au gouvernement américain, en échange de licences de distribution vers la Chine. Une mesure qui accentue la pénurie pour les entreprises chinoises.
De son côté, Pékin accentue la pression sur ses géants technologiques pour favoriser les solutions locales. Les entreprises qui persistent à utiliser des puces Nvidia sont invitées à s’en justifier auprès des autorités.
De la réussite éclatante du R1 à l’impasse du R2
En janvier, le modèle R1 avait créé la surprise. DeepSeek affirmait avoir entraîné son IA sur 2 048 puces Nvidia H800 pour seulement 5,5 millions de dollars, un coût dérisoire comparé aux milliards dépensés par les entreprises américaines. Mais il est apparu ensuite que la société disposait en réalité d’un parc massif de 50 000 GPU Hopper, incluant H800, H100 et HGX H20.
Cette réussite, vantée comme un exploit d’efficacité, contraste fortement avec les difficultés rencontrées aujourd’hui pour le R2. Le projet illustre la dépendance persistante de la Chine aux technologies américaines et les obstacles rencontrés dans la quête d’une autonomie technologique totale.
Le report de DeepSeek R2 met en lumière une réalité : sans avancées rapides du côté de Huawei, Pékin aura du mal à imposer ses champions de l’IA face à la domination américaine.

Je m’appelle Samuel Le Goff. À 38 ans, je suis l’actualité du numérique depuis plus de 14 ans. Aujourd’hui, je m’intéresse particulièrement aux smartphones et aux usages concrets de l’intelligence artificielle, que je traite à travers des contenus clairs et accessibles sur Menow.fr.

