Vous installez une extension pour convertir un PDF, puis vos recherches passent par un intermédiaire que vous n’avez pas choisi. C’est le mécanisme décrit par Socket dans son enquête Searchjacked, publiée le 29 octobre. Le chercheur John Tuckner recense 319 extensions et environ 13,4 millions d’installations cumulées sur dix ans. Ce total ne correspond pas à 13,4 millions de nouvelles victimes identifiées cette semaine.
Le résultat de recherche paraît normal, le trajet ne l’est pas
Selon l’enquête originale, les extensions changent le moteur par défaut et font transiter les requêtes par un serveur exploité par leurs opérateurs avant de les envoyer vers Yahoo ou Bing. Ce détour peut leur procurer des revenus d’apport de trafic tout en leur donnant accès aux recherches.
Les promesses mises en avant sont familières : trouver un manuel, convertir un PDF, sécuriser une recherche ou y ajouter de l’IA. Les outils sont notamment promus par des publicités. Le problème se situe dans ce que l’extension fait ensuite avec la navigation, au-delà du service qui a motivé son installation.
Une présence dans la boutique officielle ne règle pas la question
Malwarebytes, qui a repris l’analyse le 30 octobre, souligne que beaucoup de fiches étaient non répertoriées : accessibles avec un lien direct, sans apparaître dans une recherche ordinaire du Chrome Web Store. Une publicité pouvait ainsi conduire vers une installation dans la boutique officielle.
Le risque observé concerne la confidentialité des requêtes. Des recherches peuvent révéler des préoccupations personnelles, professionnelles ou de santé. Le rapport distingue ce constat d’un scénario plus grave : il évoque la possibilité de redirections vers des pages dangereuses, mais n’établit pas qu’elles ont effectivement été utilisées pour diffuser un logiciel malveillant dans cette campagne.
Regardez qui contrôle les paramètres de Chrome
Un moteur de recherche qui change sans que vous compreniez pourquoi mérite un contrôle. Sur Windows et Mac, Google explique qu’une extension peut modifier le moteur, la page d’accueil ou le nouvel onglet avec votre autorisation. Dans les paramètres, une mention peut indiquer le nom de l’extension qui contrôle un réglage.
Retrouvez ce nom dans la liste des extensions et comparez-le avec ce que vous souhaitiez installer. Socket publie aussi les identifiants des outils étudiés : l’identifiant est plus précis qu’un nom commercial qui pourrait ressembler à celui d’un autre produit. L’enquête ne justifie pas de considérer tous les convertisseurs PDF comme dangereux.
Retirer l’icône ne désinstalle pas l’extension
Pour supprimer un outil, ouvrez le menu de Chrome, puis Extensions et Gérer les extensions. Sur la fiche concernée, choisissez Supprimer et confirmez. Cette procédure figure dans l’aide officielle de Google. Masquer ou désépingler une icône de la barre d’outils laisse l’extension installée.
Après le retrait, contrôlez de nouveau le moteur utilisé. Sur un ordinateur professionnel administré, rapprochez-vous du service informatique si les choix sont imposés ou si l’extension revient. L’objectif est d’identifier le programme responsable d’un changement précis, plutôt que d’installer dans l’urgence un nouvel outil de nettoyage proposé par une autre publicité.

Eric Thomas suit l’actualité de Windows, des logiciels, de la cybersécurité grand public et des outils web. Il s’intéresse aux mises à jour système, aux nouveautés informatiques et aux solutions pratiques qui améliorent l’expérience numérique au quotidien.


