Ouvrir une archive doit remettre ses fichiers dans le dossier choisi, sans transformer l’extraction en opération imprévisible. La nouvelle bêta 2 de WinRAR 7.30, repérée le 27 octobre, renforce justement plusieurs protections autour des liens entre fichiers, des plantages et des ressources consommées. Il s’agit encore d’une version de test, avec des correctifs qui ne concernent pas tous Windows de la même manière.
Les corrections portent autant sur le logiciel visible par l’utilisateur que sur les composants de décompression employés par d’autres outils. Le point commun est le contrôle de ce qui se passe pendant l’extraction : où les fichiers sont écrits, comment leur provenance est transmise et combien de ressources l’opération peut mobiliser.
Les liens ne doivent pas détourner l’extraction vers un autre dossier
Le changement le plus parlant concerne les liens physiques et symboliques. Ces mécanismes permettent de relier des noms ou des chemins à d’autres fichiers. Mal encadrés pendant une extraction, ils peuvent conduire un logiciel à écrire ailleurs que dans le répertoire attendu.
WinRAR bloque désormais par défaut l’extraction d’un lien physique lorsque sa cible comprend des liens symboliques. Dans le scénario décrit par l’éditeur, un risque d’écrasement à l’extérieur du dossier de destination supposait qu’un lien symbolique y ait déjà été créé par un autre outil. WinRAR ne créait pas lui-même, par défaut, ce lien sortant.
Une autre réparation supprime les liens symboliques existants avant un écrasement, afin d’empêcher des chaînes de liens de rediriger la création d’un fichier. Ici, la note de RARLAB distingue explicitement les plateformes : le scénario de sortie du dossier concernait RAR et UnRAR.dll pour Unix, pas WinRAR ou UnRAR.dll pour Windows.
Pour le lecteur, la différence est concrète : plusieurs composants de décompression sont corrigés dans une même livraison, mais leurs risques ne doivent pas être confondus. Le nom WinRAR dans l’actualité ne transforme pas automatiquement chaque correction Unix en faille identique sur un PC Windows.
Le marquage des fichiers téléchargés est également corrigé
La bêta répare aussi un problème autour du Mark of the Web, le marquage qui permet à Windows d’identifier des fichiers provenant d’Internet. Pour certains liens extraits, ces données n’étaient pas appliquées à moins que la cible corresponde à une extension mentionnée dans les options de propagation.
Quand l’option était déjà réglée sur tous les fichiers, le lien et sa cible recevaient correctement ce marquage. La correction porte donc sur des cas précis de transmission de cette information de provenance. Elle s’ajoute à un filtrage renforcé de la sortie du programme RAR en ligne de commande, destiné à limiter les manipulations d’affichage au moyen de caractères spéciaux dans les noms et les commentaires.
Les extractions peuvent aussi épuiser la mémoire
Un plantage de la bibliothèque unrar.dll provoqué par une récursion excessive est corrigé. La récupération au moyen de fichiers REV est aussi encadrée : la commande d’extraction ne restaure plus les volumes manquants si le total dépasse 4 096 volumes ou si plus de 1 024 volumes sont absents. RARLAB explique vouloir éviter une dégradation des performances et une consommation mémoire excessive.
Pour les usages en ligne de commande, le nouveau paramètre -lim permet de fixer des plafonds approximatifs d’écriture sur disque, de mémoire et de temps d’exécution. Le traitement s’interrompt avec un code d’erreur dédié si la limite est dépassée. Cette capacité vise surtout les scripts et les traitements automatisés.
Pour les traitements automatisés, ces plafonds donnent un moyen d’arrêter une extraction qui consomme trop de ressources. Pour un usage courant sous Windows, les changements les plus directement utiles restent le contrôle des chemins d’extraction et la bonne transmission du marquage des fichiers téléchargés. Toutes ces réparations sont, à ce stade, livrées dans WinRAR 7.30 bêta 2.

Eric Thomas suit l’actualité de Windows, des logiciels, de la cybersécurité grand public et des outils web. Il s’intéresse aux mises à jour système, aux nouveautés informatiques et aux solutions pratiques qui améliorent l’expérience numérique au quotidien.



