Starlink : des utilisateurs ciblés via la publicité dans plus de 100 pays, la France figure dans le rapport

Les utilisateurs de Starlink peuvent être repérés ailleurs que dans les communications des satellites. Le 27 octobre, Reuters a relié, selon ses sources, l’entreprise israélienne Discover-Tech à une activité de ciblage publicitaire décrite par TrendAI sous le nom SHADOW-EARTH-79 . Le rapport technique, publié le 15 octobre, mentionne plus de 100 pays pour le trafic…

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Les utilisateurs de Starlink peuvent être repérés ailleurs que dans les communications des satellites. Le 27 octobre, Reuters a relié, selon ses sources, l’entreprise israélienne Discover-Tech à une activité de ciblage publicitaire décrite par TrendAI sous le nom SHADOW-EARTH-79. Le rapport technique, publié le 15 octobre, mentionne plus de 100 pays pour le trafic Starlink étudié, dont la France.

Les annonces deviennent un outil de suivi

Le travail de TrendAI porte sur les enchères publicitaires en temps réel : lorsqu’une publicité doit s’afficher, des acheteurs potentiels reçoivent des informations permettant de choisir s’ils souhaitent atteindre cet appareil. Selon les cas, ces données peuvent comprendre l’adresse IP, des renseignements sur le terminal et sa localisation.

Les chercheurs relèvent un intérêt disproportionné pour les connexions Starlink. Dans leur visibilité, le groupe arrive en tête des acheteurs sur ce trafic dans 105 pays. Ils estiment que l’ensemble observé correspond davantage à une infrastructure de ciblage et de suivi qu’à une campagne commerciale ordinaire.

La France apparaît dans le tableau : 1 133 événements attribués au groupe sur 1 753 pour la catégorie de trafic examinée. Ces événements publicitaires ne recensent ni des victimes identifiées ni des appareils compromis. L’étude s’appuie sur la télémétrie accessible aux chercheurs, notamment une plateforme d’achat publicitaire ; ses proportions ne décrivent pas l’ensemble des abonnés Starlink.

Une connexion par satellite n’efface pas les traces des applications

Ce scénario ne suppose pas de prendre le contrôle d’un satellite ou d’un routeur. Le point d’observation se trouve dans les sites et applications utilisés une fois connecté. Changer de moyen d’accès à Internet ne change pas automatiquement les autorisations accordées aux services qui affichent les publicités.

La CNIL rappelle les réglages de localisation disponibles sur mobile : autoriser ou refuser l’accès, choisir une position précise ou approximative, et limiter l’accès à l’utilisation de l’application. Ces réglages permettent de réduire certaines informations transmises. Ils ne constituent pas un diagnostic de l’activité décrite dans cette enquête.

Pour vérifier ses propres usages, le bon inventaire commence donc par les applications autorisées à accéder à la position, particulièrement en arrière-plan. Un service qui n’a besoin de la localisation qu’au moment de son utilisation mérite-t-il de la conserver en permanence ? Cette question reste pertinente avec la fibre, la 5G ou Starlink.

L’enquête ne démontre pas un piratage du réseau spatial. Elle met en lumière une autre couche de l’exposition : les informations produites par les logiciels que l’on utilise, même lorsque la connexion arrive du ciel.

Eric Thomas suit l’actualité de Windows, des logiciels, de la cybersécurité grand public et des outils web. Il s’intéresse aux mises à jour système, aux nouveautés informatiques et aux solutions pratiques qui améliorent l’expérience numérique au quotidien.

Eric Thomas

Eric Thomas suit l’actualité de Windows, des logiciels, de la cybersécurité grand public et des outils web. Il s’intéresse aux mises à jour système, aux nouveautés informatiques et aux solutions pratiques qui améliorent l’expérience numérique au quotidien.

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