Format 21:9, courbure 1000R, dalle VA réactive, 165 Hz et résolution UWQHD : le Samsung Odyssey G55T a tout pour séduire sur le papier. Et à bien des égards, il tient ses promesses, notamment en matière d’immersion et de fluidité en jeu. Mais certains choix techniques en font aussi un écran à réserver à un certain type d’utilisateur, car il ne conviendra pas à tous les usages.
Une courbure 1000R qui ne fait pas l’unanimité
La première chose qui frappe avec cet écran, c’est sa courbure 1000R très marquée. Samsung revendique un design qui suit la courbure naturelle de l’œil humain, pour maintenir une distance constante entre l’œil et chaque point de l’écran. En pratique, cela fonctionne : l’immersion est réelle, surtout sur les jeux conçus pour le format ultra-large comme les simulateurs (voiture, vol, monde ouvert). L’effet “panoramique” est impressionnant.
Mais cette courbure extrême n’est pas toujours confortable en dehors du jeu. Pour des tâches de bureautique, de création graphique ou même de navigation web, elle déforme visuellement les lignes droites et fatigue plus vite sur des sessions prolongées. Un compromis plus doux, comme une courbure 1500R voire 1800R, aurait été plus polyvalent, permettant de conserver un bon niveau d’immersion sans sacrifier le confort en usage mixte.
Autre point à noter : la distance entre l’utilisateur et l’écran joue un rôle essentiel. À plus de 60 cm, la courbure 1000R devient moins perceptible, voire contre-productive. Cet écran est donc vraiment pensé pour un usage centré et rapproché, typiquement en solo, avec un setup gaming bien défini.
Un affichage contrasté et fluide, parfait pour le jeu rapide
Le G55T embarque une dalle VA 34 pouces au format 21:9 avec une résolution UWQHD (3440 x 1440). Le rendu est détaillé, le champ de vision élargi, et surtout les contrastes sont solides (3000:1). Les noirs sont profonds, les dégradés bien marqués, ce qui renforce l’ambiance dans les titres sombres ou réalistes.
En termes de fluidité, l’écran affiche un rafraîchissement à 165 Hz avec un temps de réponse de 1 ms (MPRT), soutenu par la technologie AMD FreeSync Premium. La sensation en jeu est très réactive, même sur les FPS ou les jeux compétitifs. Le combo 165 Hz + FreeSync permet de jouer sans tearing ni stuttering, à condition bien sûr d’avoir une carte graphique suffisamment puissante — une RTX 4070 ou équivalent est idéale pour exploiter la résolution UWQHD à haut framerate.
En revanche, la luminosité reste limitée à 250 cd/m², ce qui peut poser problème dans des environnements très lumineux. L’absence de certification HDR est également à signaler : les contenus HDR seront affichés, mais sans réel bénéfice visuel. On est ici sur un écran conçu pour le jeu SDR, pas pour du contenu vidéo haut de gamme.
Une construction correcte mais une ergonomie à revoir
Visuellement, le design reste sobre. Pas de RGB ni d’éléments tape-à-l’œil, le G55T se concentre sur l’essentiel : une coque noire, des finitions propres, un encombrement bien maîtrisé pour un 34 pouces. Il inspire confiance une fois posé sur un bureau.
Mais le support intégré est très limité : aucun réglage en hauteur, seule une inclinaison légère est possible. Et surtout, la stabilité n’est pas parfaite : en sortie de boîte, l’écran peut pencher légèrement vers l’avant. Pour un confort optimal, l’utilisation d’un bras VESA (standard 100 x 100 mm) est quasiment indispensable, ne serait-ce que pour ajuster l’écran à la hauteur des yeux.
Côté connectique, on reste sur le strict nécessaire : 1 HDMI 2.0, 1 DisplayPort 1.4, 1 sortie casque. Pas de ports USB, pas de haut-parleurs intégrés. Et surtout, pas de HDMI 2.1, ce qui limite l’intérêt pour les consoles récentes comme la PS5, qui ne prennent pas en charge le format UWQHD et qui profiteraient mieux d’un port HDMI plus moderne. Pour un usage 100 % PC, en revanche, ça reste parfaitement fonctionnel.
Un bon rapport qualité/prix, à condition d’avoir le bon profil
Aujourd’hui, on trouve le G55T autour de 270 €, parfois moins en promotion. À ce tarif, il est difficile de trouver une alternative aussi immersive, fluide et bien calibrée pour le gaming PC. Le rapport performances/prix est clairement en sa faveur pour les joueurs solo qui veulent du grand spectacle sans exploser leur budget.
Mais il faut être lucide : cet écran n’est pas polyvalent. Il s’adresse à un public ciblé :
- Ceux qui cherchent une immersion maximale sur des jeux compatibles 21:9
- Ceux qui jouent de près, avec un setup fixe et un espace de jeu dédié
- Ceux qui peuvent faire l’impasse sur le HDR, le HDMI 2.1 et les réglages de confort
Pour le télétravail intensif, la création graphique ou un usage partagé entre jeu et productivité, il existe des alternatives plus équilibrées, parfois même à prix équivalent, mais avec une courbure plus douce ou une dalle IPS.
Le G55T est un excellent écran si l’on accepte ses choix radicaux. Il offre une expérience gaming immersive et fluide, mais demande un environnement adapté et un peu de souplesse côté exigences.

Je suis Samuel Le Goff, à la tête de Menow.fr et père de deux enfants. À 38 ans, je navigue dans l’univers de l’informatique depuis plus de 14 ans, me spécialisant récemment dans le contenu high-tech et le gaming. Ma mission ? Partager des conseils pratiques et des insights en technologie, avec une touche d’honnêteté et d’authenticité, comme si je m’adressais à des amis.
