Samsung Galaxy Z Fold 8 rencontre un succès tel que Samsung aurait désormais du mal à produire suffisamment d’exemplaires. Aux États-Unis, certaines versions sont déjà en rupture de stock sur la boutique officielle. La situation est assez tendue pour que le constructeur commence à utiliser des composants qui étaient initialement réservés à ses appareils de 2027. Et le principal responsable est minuscule : une puce indispensable à l’écran OLED.
Le Galaxy Z Fold 8 dépasse les prévisions de Samsung
Le Galaxy Z Fold 8 se vendrait nettement mieux que prévu. Samsung doit désormais trouver rapidement davantage de composants pour augmenter sa production et éviter que les ruptures ne s’installent.
Le groupe sud-coréen profite déjà d’une très bonne dynamique sur le haut de gamme. Au deuxième trimestre 2026, le Galaxy S26 Ultra est devenu le smartphone Android le plus vendu dans le monde.
Avec son nouveau pliant, la demande serait une nouvelle fois supérieure aux attentes. Samsung aurait donc commencé à puiser dans des stocks de composants normalement destinés à des smartphones prévus pour 2027.
Un choix inhabituel. Mais la marge de manœuvre est faible.
Une puce en 22 nm suffit à ralentir toute la production
Le problème ne vient ni de la mémoire vive ni du stockage. Le composant qui manque est un Display Driver IC (DDI), une puce chargée de piloter les pixels de l’écran OLED.
Ces circuits sont développés par la division System LSI de Samsung puis fabriqués à Taïwan par UMC, avec un procédé de gravure en 22 nm. Or, les lignes de production du fondeur seraient déjà utilisées à pleine capacité.
Samsung aurait demandé à UMC d’accélérer exceptionnellement certaines commandes grâce à une procédure prioritaire de type « Super Hot Run ». Le fabricant taïwanais aurait refusé.
Impossible, dans ces conditions, de simplement commander davantage de puces du jour au lendemain.
Samsung ne peut pas récupérer les puces d’un autre Galaxy pliant
Les DDI présentent une autre contrainte : ils ne sont pas interchangeables.
Contrairement à des composants standardisés comme la mémoire LPDDR, ces circuits sont conçus pour fonctionner avec les caractéristiques précises d’un écran. Samsung ne peut donc pas prendre les puces prévues pour un autre smartphone et les installer dans le Galaxy Z Fold 8.
Les trois smartphones pliants actuellement commercialisés par la marque utiliseraient ainsi des spécifications différentes.
Autrement dit, même si Samsung dispose de DDI pour d’autres modèles, ils ne règlent pas le problème du Fold 8.
Quatre mois sont nécessaires pour fabriquer de nouveaux DDI
La production de nouvelles puces ne permettra pas non plus de débloquer rapidement la situation. Entre le début de la fabrication des wafers et l’obtention des DDI terminés, il faudrait compter environ quatre mois.
Samsung Display doit ensuite intégrer ces circuits aux dalles OLED avant qu’elles puissent rejoindre les chaînes d’assemblage des smartphones.
Le délai est donc particulièrement gênant au moment où la demande explose.
Samsung aurait déjà commandé suffisamment d’autres composants pour produire un million d’exemplaires supplémentaires. Les commandes concerneraient notamment les charnières et le verre de protection UTG, utilisé sur les écrans pliables.
Mais sans les DDI, ces pièces ne suffisent pas. La chaîne reste bloquée sur un composant bien précis.
Le Galaxy Z Flip 8 connaît une situation très différente
Le Galaxy Z Flip 8, plus abordable, ne profiterait pas du même élan commercial. Ses ventes seraient au contraire inférieures aux attentes de Samsung.
Le constructeur doit donc gérer deux situations presque opposées : une demande particulièrement forte pour le Fold 8 et des performances plus faibles que prévu pour le Flip 8.
Ce déséquilibre intervient alors que le marché des smartphones pliants devrait encore grossir fortement. Selon les prévisions d’Omdia, les ventes mondiales pourraient presque doubler pour atteindre près de 36 millions d’appareils en 2028.
L’arrivée possible d’un iPhone pliant ajoute encore de la pression
Samsung pourrait surtout être confronté à un problème de calendrier. Selon les rumeurs, Apple pourrait présenter son premier smartphone pliant dès septembre 2026, avec un format de type clapet.
L’information reste à confirmer, mais le timing serait délicat pour Samsung.
Si le constructeur ne parvient pas à stabiliser rapidement la production du Galaxy Z Fold 8, certains acheteurs intéressés par un smartphone pliant haut de gamme pourraient se tourner vers une nouvelle alternative.
Le succès du Galaxy Z Fold 8 devient donc paradoxalement un problème industriel. Samsung aurait la demande, les commandes et une partie des composants nécessaires. Il lui manque surtout suffisamment de DDI pour transformer cet engouement en appareils réellement disponibles.

Samuel Le Goff suit l’actualité des smartphones, des systèmes d’exploitation mobiles et de l’intelligence artificielle depuis plus de 14 ans. Il couvre notamment Samsung, Xiaomi, Apple, Android, iOS et les grandes tendances du numérique.
