La vague de l’intelligence artificielle ne profite pas seulement à Nvidia et OpenAI. En 2026, plusieurs entreprises européennes liées aux semi-conducteurs, aux réseaux optiques et aux centres de données IA affichent des envolées boursières spectaculaires, avec une hausse pouvant atteindre 2 245 %.
Derrière les grands modèles d’IA, une autre bataille se joue : celle de l’infrastructure. Et sur ce terrain, l’Europe s’impose grâce à des acteurs moins connus, mais essentiels au fonctionnement de toute la chaîne technologique.
L’Europe capte une partie du boom de l’infrastructure IA
Les investisseurs ne regardent plus seulement les entreprises qui développent des modèles d’intelligence artificielle. Ils s’intéressent aussi à celles qui fournissent les éléments indispensables à leur fonctionnement : puces, réseaux optiques, serveurs, refroidissement, capteurs et matériaux avancés.
Cette dynamique montre que l’essor de l’IA ne repose pas uniquement sur le logiciel. Les centres de données ont besoin de composants capables de transporter, traiter et refroidir d’immenses volumes de données.
C’est dans ces domaines très spécialisés que plusieurs sociétés européennes enregistrent aujourd’hui les plus fortes progressions en Bourse.
Nokia profite de la demande en réseaux optiques
Nokia affiche une hausse de 159 % et confirme son virage loin de son ancienne image de fabricant de téléphones.
Le groupe finlandais bénéficie de la demande en réseaux optiques et en équipements de transport de données, indispensables aux centres de données dédiés à l’IA.
Un accord stratégique avec Nvidia, ainsi que la progression de son activité cloud, ont contribué à soutenir ses ventes et ses nouvelles commandes dans ce segment.
ams-OSRAM se renforce dans la photonique
ams-OSRAM, groupe basé entre l’Autriche et l’Allemagne, progresse de 175 %.
L’entreprise s’est réorientée vers des usages liés à l’IA, notamment les interconnexions optiques pour centres de données et certains composants destinés aux lunettes connectées.
Cette spécialisation dans la photonique et les capteurs avancés place le groupe sur des marchés devenus très recherchés avec l’expansion de l’IA.
Technoprobe profite des besoins en test de puces
L’italien Technoprobe voit son action grimper de 184 %.
La société est un leader mondial des cartes de test pour puces, utilisées pour vérifier le bon fonctionnement des processeurs avancés.
La demande liée aux processeurs IA de Nvidia et AMD a renforcé ses revenus et la confiance des analystes.
Raspberry Pi séduit aussi l’industrie
Raspberry Pi Holdings approche les 200 % de hausse.
Connus à l’origine dans l’éducation et chez les passionnés d’informatique, les miniordinateurs Raspberry Pi gagnent désormais du terrain dans l’industrie et l’edge computing.
L’expérimentation autour de l’IA sur des appareils accessibles, ainsi que l’effet meme autour de la marque, ont contribué à sa forte revalorisation.
STMicroelectronics bénéficie des contrats liés à l’IA
STMicroelectronics progresse de plus de 200 %.
Le groupe de semi-conducteurs a signé des contrats avec Amazon Web Services pour fournir de l’infrastructure de calcul dédiée à l’intelligence artificielle.
Ses produits optiques et de puissance se retrouvent au cœur de la nouvelle vague de matériel destiné aux centres de données.
AIXTRON avance grâce aux composants optiques
L’allemand AIXTRON enregistre une hausse de 234 %.
L’entreprise fabrique des équipements de dépôt pour les semi-conducteurs composés, une technologie utilisée dans la production de lasers et de composants optiques pour l’IA.
Les analystes restent prudents, car une partie de sa valorisation repose davantage sur les attentes du marché que sur les résultats déjà publiés.
AT&S joue un rôle discret dans les puces avancées
L’autrichien AT&S bondit de 366 %.
La société fabrique des substrats et des circuits imprimés pour puces avancées. Ces éléments sont peu visibles pour le grand public, mais essentiels dans la chaîne de production des processeurs modernes.
Son expansion en Chine et ses contrats de long terme avec des clients liés à l’IA expliquent une grande partie de cette progression.
2CRSi grimpe avec les serveurs et le refroidissement
Le français 2CRSi affiche une hausse de 410 %.
L’entreprise conçoit des serveurs et des systèmes de refroidissement pour les charges de travail liées à l’intelligence artificielle.
La livraison de “fabriques d’IA” à de grands clients et la montée des contrats aux États-Unis ont fortement renforcé ses revenus et les attentes autour de son activité.
Soitec s’envole grâce aux matériaux pour puces optiques
Soitec progresse de 560 %.
Le groupe français est spécialisé dans les plaques de semi-conducteurs et les matériaux utilisés pour les puces optiques.
Même si ses revenus totaux ont reculé dans d’autres activités, le segment lié à l’IA et à la photonique affiche une croissance à trois chiffres.
Sivers Semiconductors signe la plus forte hausse
La progression la plus spectaculaire revient à Sivers Semiconductors, avec une envolée de 2 245 %.
Le groupe suédois développe des matrices de lasers et des moteurs optiques, deux éléments critiques pour le transport des données dans les centres d’IA.
Son accord avec GlobalFoundries, destiné à intégrer ses lasers dans des plateformes en silicium, a servi de déclencheur majeur pour le titre.
Ces entreprises ne créent pas l’IA, elles la rendent possible
Le point commun de ces dix sociétés tient à leur positionnement très spécialisé. Elles travaillent sur les réseaux optiques, le test de puces, les serveurs, le refroidissement, les matériaux avancés ou la photonique.
Elles ne concurrencent pas directement les géants américains de l’IA. Leur technologie reste pourtant indispensable pour faire fonctionner les grands modèles et les centres de données à grande échelle.
Un élément tempère cette euphorie. Une étude récente du MIT indique que seuls 5 % des projets pilotes d’IA génèrent une valeur tangible pour les entreprises. Les 95 % restants restent au stade de tests sans impact réel.
Les solutions les plus efficaces sont celles qui s’intègrent aux processus internes, automatisent des fonctions administratives et optimisent les ressources au-delà des seuls usages commerciaux ou marketing.
Toute la difficulté sera donc de transformer cette hausse boursière en valeur durable. Pour l’Europe, l’enjeu est clair : rester au cœur de l’infrastructure qui permet à l’intelligence artificielle de fonctionner à grande échelle.

Je m’appelle Samuel Le Goff. À 38 ans, je suis l’actualité du numérique depuis plus de 14 ans. Aujourd’hui, je m’intéresse particulièrement aux smartphones et aux usages concrets de l’intelligence artificielle, que je traite à travers des contenus clairs et accessibles sur Menow.fr.
