Mythos 5 et Fable 5 pourraient redevenir accessibles dans les prochains jours. Suspendus en urgence à la demande du gouvernement américain, les deux modèles les plus avancés d’Anthropic sont au cœur d’un dossier sensible mêlant cybersécurité, sécurité nationale et tensions autour de la Chine.
Anthropic se dit « très confiant » quant à un retour rapide. Mais la reprise dépend encore du feu vert des autorités américaines.
Washington a imposé une suspension mondiale
La semaine dernière, le gouvernement américain a demandé à Anthropic de désactiver l’accès mondial à Fable 5 et Mythos 5.
Cette directive d’urgence, liée à la sécurité nationale, a privé de nombreux clients professionnels de modèles utilisés dans leurs activités quotidiennes.
Pour les entreprises concernées, la coupure a été brutale. L’accès aux outils les plus performants d’Anthropic a été interrompu sans délai.
Mythos 5 inquiète par ses capacités en cybersécurité
Mythos 5 n’est pas un simple assistant conversationnel. Le modèle est conçu pour analyser des bases de code complexes, repérer des failles critiques et proposer des corrections.
Ces capacités peuvent aider les équipes de cybersécurité à renforcer des systèmes sensibles.
Elles peuvent aussi poser problème. Mal utilisé, un tel outil pourrait servir à identifier des vulnérabilités dans des infrastructures critiques.
Pour limiter ce risque, Anthropic avait mis en place Project Glasswing, un programme d’accès restreint réservé à environ 150 partenaires sélectionnés. Parmi eux figureraient Google, Microsoft, Apple et NVIDIA, selon les informations communiquées par l’entreprise.
SK Telecom se retrouve au centre du dossier
La polémique viendrait de l’arrivée envisagée de SK Telecom dans Project Glasswing.
Selon des sources citées par la presse américaine, les autorités des États-Unis se seraient opposées à l’intégration du principal opérateur mobile sud-coréen. Elles craindraient de supposés liens avec la Chine et un possible accès indirect à ces technologies sensibles.
SK Telecom rejette fermement ces accusations.
Un porte-parole du groupe a déclaré que les propos d’une source anonyme dans des médias étrangers ne reposaient sur aucun fait vérifié. Il a aussi affirmé que l’entreprise n’entretenait aucun lien avec la Chine.
Anthropic n’a pas commenté ces informations. La Maison Blanche n’a pas répondu aux sollicitations des médias.
Anthropic espère un retour dans les prochains jours
Malgré la crise, Anthropic affiche sa confiance.
Lors d’une conférence de presse à Séoul, Chris Ciauri, directeur général international de l’entreprise, a indiqué que la société était « très confiante » quant au retour des modèles dans les prochains jours.
L’événement devait d’abord accompagner l’expansion d’Anthropic en Corée du Sud. Il a finalement été dominé par les questions sur la suspension de Mythos 5 et Fable 5.
Le dirigeant n’a pas donné de détails sur les échanges avec les autorités américaines.
Les clients professionnels restent dépendants du feu vert américain
Les clients payants n’ont plus accès aux modèles les plus puissants d’Anthropic.
Leur retour dépend de l’approbation des autorités américaines. Anthropic travaillerait aussi sur des correctifs de sécurité et des garde-fous régionaux pour répondre aux inquiétudes soulevées.
Cette affaire montre un risque concret pour les entreprises : l’accès à une IA avancée peut être suspendu du jour au lendemain par décision gouvernementale.
Les modèles d’IA deviennent des actifs stratégiques
Cette suspension dépasse le seul cas d’Anthropic.
Les modèles d’IA les plus avancés sont désormais traités comme des technologies sensibles, au même titre que les semi-conducteurs ou certains outils liés à la défense.
Pour les entreprises qui s’appuient sur ces systèmes, le message est clair : les performances techniques ne suffisent plus. L’accès aux IA les plus puissantes dépend aussi de décisions politiques, réglementaires et géopolitiques.

Passionné de téléphones mobiles, de maison intelligente et d’intelligence artificielle. Pendant mon temps libre, j’aime nager, faire du vélo et programmer de nouvelles applications.
