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L’UE répond : ce qu’Apple a réellement proposé pour lancer Siri AI en Europe

Apple affirme avoir proposé une solution transitoire de 18 mois pour déployer Siri AI dans l’Union européenne, mais Bruxelles l’a refusée. Le groupe estime que les exigences du Digital Markets Act (DMA) créent des risques pour la sécurité et la confidentialité des utilisateurs.

La Commission européenne rejette cette lecture et assure que rien dans la réglementation n’empêche Apple de lancer ses nouvelles fonctions d’intelligence artificielle. Résultat : les utilisateurs européens continuent d’attendre certaines nouveautés déjà annoncées ailleurs.

Siri AI au cœur d’un bras de fer entre Apple et Bruxelles

Le conflit trouve son origine dans le Digital Markets Act, la législation européenne destinée à rendre les grandes plateformes numériques plus ouvertes à la concurrence.

Dans le cas d’Apple, cela implique notamment de permettre une plus grande interopérabilité entre ses services et ceux de sociétés concurrentes. L’objectif affiché par Bruxelles est d’éviter que les utilisateurs soient enfermés dans un seul écosystème.

Apple considère toutefois que la situation est particulièrement délicate lorsqu’il s’agit d’assistants intelligents. Selon l’entreprise, ces outils peuvent accéder à une quantité considérable d’informations personnelles présentes sur les appareils des utilisateurs.

Le groupe affirme que cet accès pourrait potentiellement concerner une grande partie des communications et des données stockées sur un iPhone ou un iPad.

Greg Joswiak, responsable marketing d’Apple, estime que les exigences actuelles représentent un risque trop élevé pour les utilisateurs européens.

Selon lui, la Commission européenne demande à l’entreprise de réaliser une expérience particulièrement sensible sur des dizaines de millions de personnes. Apple affirme vouloir déployer ces fonctionnalités uniquement lorsqu’elle pourra garantir un niveau de sécurité qu’elle juge suffisant.

Apple souhaitait obtenir une période de transition de 18 mois

Face à ces contraintes, Apple explique avoir proposé un mécanisme temporaire aux autorités européennes.

L’idée consistait à mettre en place, pendant 18 mois, un cadre spécifique permettant à des assistants virtuels tiers d’accéder à certaines capacités de Siri AI tout en conservant des protections supplémentaires.

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Cette demande visait, selon Apple, à disposer de davantage de temps pour construire une solution conciliant les exigences du DMA et ses propres standards de sécurité.

Bruxelles n’a pas accepté cette proposition.

La Commission européenne refuse toute exception

La réponse de la Commission européenne a été particulièrement claire.

Thomas Regnier, porte-parole de l’institution, a déclaré que la décision de ne pas lancer Siri AI dans l’Union européenne appartenait exclusivement à Apple.

Selon lui, aucune disposition du DMA n’empêche le constructeur américain de commercialiser de nouveaux produits ou services sur le territoire européen.

Pour Bruxelles, le problème ne réside pas dans la réglementation mais dans le fait qu’Apple n’a pas encore proposé une solution d’interopérabilité compatible avec les exigences européennes en matière de concurrence, de confidentialité et de sécurité.

Le responsable européen a également rejeté l’idée d’une exemption temporaire.

Selon lui, Apple n’a pas cherché à mettre au point un mécanisme conforme au DMA mais a demandé à être dispensée de certaines obligations pendant au moins 18 mois. Une possibilité que la Commission considère comme inacceptable.

Un enjeu économique majeur pour Apple

L’Europe représente un marché particulièrement important pour Apple.

Selon les chiffres évoqués par Reuters, la région a généré près de 27 % du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise lors du dernier exercice fiscal.

Même si Apple ne détaille pas les revenus réalisés uniquement au sein de l’Union européenne, ce poids économique explique pourquoi le retard de certaines fonctionnalités n’est pas un sujet anodin.

Le groupe affirme d’ailleurs que plusieurs nouveautés ont déjà été retardées en Europe à cause des contraintes liées au DMA.

Parmi elles figurent iPhone Mirroring sur Mac, la traduction en direct avec les AirPods ou encore certaines fonctions avancées de localisation intégrées à Maps.

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Le DMA continue de remodeler l’écosystème Apple

Au-delà de Siri AI, cette affaire illustre le choc entre deux visions opposées.

Apple défend un modèle reposant sur un contrôle strict de son écosystème afin de préserver la sécurité et la confidentialité des données.

La Commission européenne cherche au contraire à imposer davantage d’ouverture aux plateformes dominantes afin de favoriser la concurrence et le choix des utilisateurs.

Les sanctions prévues par le Digital Markets Act peuvent atteindre jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires annuel mondial d’une entreprise en cas de violation des règles.

Apple ne souhaite manifestement pas s’exposer à un tel risque financier. Dans le même temps, le groupe paraît tout aussi réticent à accepter des concessions susceptibles de réduire son contrôle sur ses plateformes.

Les utilisateurs européens restent privés de certaines nouveautés

Dans l’immédiat, les consommateurs européens sont les premiers touchés par cette situation.

Ils continuent d’acheter les mêmes iPhone et iPad que dans le reste du monde, mais sans accès à l’ensemble des fonctionnalités annoncées par Apple.

L’entreprise semble espérer que la pression des utilisateurs contribuera à faire évoluer la position des autorités européennes.

L’expérience des dernières années suggère pourtant le contraire. Bruxelles a déjà contraint Apple à adopter le port USB-C sur l’iPhone et à autoriser l’installation de boutiques d’applications alternatives sur iOS.

À ce stade, rien n’indique que le dossier Siri AI bénéficiera d’un traitement différent.

Source

Je m’appelle Samuel Le Goff. À 38 ans, je suis l’actualité du numérique depuis plus de 14 ans. Aujourd’hui, je m’intéresse particulièrement aux smartphones et aux usages concrets de l’intelligence artificielle, que je traite à travers des contenus clairs et accessibles sur Menow.fr.

Samuel

Je m’appelle Samuel Le Goff. À 38 ans, je suis l’actualité du numérique depuis plus de 14 ans. Aujourd’hui, je m’intéresse particulièrement aux smartphones et aux usages concrets de l’intelligence artificielle, que je traite à travers des contenus clairs et accessibles sur Menow.fr.

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