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Les prix de la RAM ne devraient pas redescendre de sitôt, Lenovo explique pourquoi

La RAM pourrait rester chère pendant au moins cinq ans. Selon Lenovo, les nouvelles usines ne suffiront pas à répondre à la demande massive des centres de données consacrés à l’intelligence artificielle. Les PC, les smartphones, les consoles et les SSD pourraient donc coûter plus cher ou embarquer moins de mémoire.

Les acheteurs qui attendent une forte baisse du prix de la RAM risquent de patienter longtemps. Lors de l’ISC 2026, un événement consacré au calcul intensif et à l’intelligence artificielle, Lenovo a décrit les tarifs actuels comme une nouvelle réalité du marché.

Le groupe estime que les prix de la DRAM et de la mémoire NAND ne retrouveront pas rapidement les niveaux très bas observés en 2024 et au début de 2025. L’un de ses représentants a même déclaré que la situation ne serait « plus jamais comme l’année dernière ».

La formule était volontairement exagérée. Le message reste clair : les tensions pourraient durer au moins cinq ans, avant l’apparition d’un nouvel équilibre autour de 2030. Avec des prix toujours plus élevés qu’en 2024.

L’intelligence artificielle absorbe toujours plus de mémoire

Les centres de données consacrés à l’IA ont besoin de quantités considérables de mémoire. Les serveurs utilisés pour entraîner et faire fonctionner les modèles reposent notamment sur la mémoire HBM, capable de fournir une bande passante très élevée.

Cette demande pousse les fabricants à concentrer leurs ressources sur les composants destinés aux centres de données. Ils sont très recherchés. Et souvent plus rentables.

Il reste donc moins de capacités pour les PC, les smartphones, les consoles et les autres appareils grand public. Les constructeurs doivent payer plus cher, réserver leurs volumes longtemps à l’avance ou revoir les caractéristiques de leurs produits.

Micron estime que les difficultés d’approvisionnement pourraient persister au-delà de 2027. Le fabricant a aussi obtenu 22 milliards de dollars d’engagements de clients souhaitant sécuriser leurs livraisons sur plusieurs années.

Un montant qui montre à quel point le marché est tendu.

Les nouvelles usines ne suffiront pas à faire baisser les prix

Samsung, SK Hynix, Micron et d’autres fabricants investissent massivement pour augmenter leur production. De nouvelles lignes doivent entrer en service à partir de 2028.

Cela ne garantit pas une baisse rapide des tarifs. Selon Lenovo, l’IA pourrait absorber une grande partie de ces volumes supplémentaires dès leur arrivée sur le marché.

Construire une usine de mémoire demande aussi plusieurs années. Il faut installer les équipements, augmenter progressivement les cadences et améliorer les rendements avant d’atteindre une production stable.

Les capacités vont augmenter. Mais la demande aussi.

Lenovo prévoit donc un nouvel équilibre autour de 2030, avec des prix toujours nettement supérieurs à ceux de 2024 et du début de 2025.

Les PC pourraient coûter plus cher ou intégrer moins de RAM

La hausse ne concerne pas seulement les barrettes vendues séparément. La DRAM équipe les ordinateurs, les smartphones, les tablettes, les téléviseurs, les cartes graphiques et les consoles. La mémoire NAND est utilisée dans les SSD et de nombreux appareils mobiles.

Face à l’augmentation des coûts, les fabricants disposent de peu d’options. Ils peuvent augmenter leurs prix, réduire leurs marges ou diminuer la quantité de mémoire et de stockage proposée sur les modèles de base.

Certains ordinateurs portables pourraient ainsi rester limités à 8 ou 16 Go de RAM plus longtemps que prévu. Les smartphones abordables risquent aussi de conserver un stockage modeste, tandis que les SSD de grande capacité pourraient rester chers.

Morgan Stanley estime que les fabricants devront absorber une partie des coûts, les répercuter sur les clients ou modifier leurs produits. Les modèles d’entrée de gamme seraient les plus exposés.

Apple et les grands fabricants sont aussi concernés

Les tensions sur la mémoire touchent désormais les plus grands groupes. Apple a récemment augmenté le prix de plusieurs MacBook et iPad, en expliquant ne plus pouvoir protéger entièrement ses clients contre la hausse du coût de la mémoire et du stockage.

Selon des données de TrendForce rapportées par Reuters, les prix de la DRAM ont grimpé jusqu’à 98 % au premier trimestre 2026. Une nouvelle hausse comprise entre 58 % et 63 % était attendue au trimestre suivant.

Lenovo connaît directement cette pression. Le groupe achète d’importants volumes de mémoire pour ses ordinateurs, ses stations de travail et ses serveurs.

Ses prévisions ne garantissent pas l’évolution exacte des prix. Elles montrent tout de même les difficultés rencontrées par l’un des plus grands fabricants de PC au monde.

Attendre une forte baisse de la RAM devient risqué

Les prix ne vont pas forcément augmenter chaque semaine. Le marché de la mémoire reste cyclique, avec des baisses temporaires possibles selon les stocks, les promotions et la demande.

Mais attendre un retour rapide aux tarifs du début de 2025 paraît risqué. Une personne qui prévoit de monter un PC ou d’ajouter de la mémoire peut surveiller les promotions sans repousser son achat pendant plusieurs années.

Mieux vaut aussi choisir une capacité adaptée à ses besoins. Acheter beaucoup plus de RAM que nécessaire devient moins intéressant lorsque chaque module coûte davantage.

Pour les usages courants et le jeu, 32 Go de RAM offrent généralement une marge confortable. Les configurations de 64 Go ou plus s’adressent surtout aux professionnels, à la création intensive et à certaines applications spécialisées.

La baisse presque continue du prix de la RAM et des SSD pourrait donc marquer une longue pause. L’IA absorbe une part croissante de la production. Et les consommateurs risquent d’en payer le prix pendant plusieurs années.

Eric Thomas suit l’actualité de Windows, des logiciels, de la cybersécurité grand public et des outils web. Il s’intéresse aux mises à jour système, aux nouveautés informatiques et aux solutions pratiques qui améliorent l’expérience numérique au quotidien.

Eric Thomas

Eric Thomas suit l’actualité de Windows, des logiciels, de la cybersécurité grand public et des outils web. Il s’intéresse aux mises à jour système, aux nouveautés informatiques et aux solutions pratiques qui améliorent l’expérience numérique au quotidien.

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