Un service d’IPTV illégale ferme, un autre prend sa place. Dans une enquête publiée le 18 octobre, la BBC décrit une lutte devenue épuisante pour les diffuseurs : les fermetures se succèdent tandis que d’autres offres prennent le relais. Derrière les abonnements à bas prix, c’est aussi le financement du sport télévisé qui se retrouve sous pression.
Les sanctions peuvent être lourdes : saisies de matériel, profits criminels à récupérer et années de prison. Mais couper une installation ne suffit pas à ramener ses clients vers les chaînes officielles.
Six ans et demi de prison et 80 serveurs saisis
L’un des dossiers les plus frappants concerne Milan Ibrahim, un habitant de Chorley, au Royaume-Uni. Le 27 août 2026, cet homme de 68 ans a été condamné à six ans et demi de prison pour une activité de streaming illégal ayant généré 980 812 livres de profits criminels en trois ans. Cette condamnation remonte donc à l’été, même si elle éclaire l’enquête publiée en octobre.
Selon la police de la City de Londres, son installation reposait sur 80 serveurs, tous saisis et arrêtés. Elle redistribuait notamment des programmes de la BBC, d’ITV, de Sky et de la Premier League. Les abonnements étaient vendus au Royaume-Uni et à l’étranger, avec une clientèle comprenant des expatriés britanniques.
Le dossier montre l’échelle que peut atteindre une activité parfois présentée comme une simple revente d’accès. Il ne s’agissait pas seulement d’un intermédiaire commercial : l’installation captait et redistribuait elle-même les contenus.
Des abonnements dispersés qui découragent les supporters
Dans son enquête sur le piratage sportif, la BBC met en avant deux moteurs de cette demande : le prix des abonnements et la dispersion des compétitions entre plusieurs diffuseurs. Un supporter peut payer un service légal tout en cherchant ailleurs les rencontres absentes de son offre.
Le prix n’explique ainsi qu’une partie du problème. La facilité d’accès compte aussi : payer une chaîne ne garantit pas de retrouver les autres compétitions suivies. Un diffuseur peut gagner une bataille contre un revendeur sans récupérer les spectateurs qui regardaient ses programmes par ce canal.
En France, les blocages suivent aussi les nouveaux sites
Le sujet dépasse le marché britannique. Dans un communiqué du 17 juillet, la LFP détaillait des décisions françaises des 8 et 9 juillet visant les services diffusant illégalement ses compétitions. Fournisseurs d’accès, VPN, intermédiaires techniques et moteurs de recherche étaient concernés.
Ces décisions prévoient aussi de suivre les nouveaux sites apparus pendant la saison, sous l’égide de l’Arcom. L’enjeu est précisément d’éviter qu’un changement d’adresse suffise à rendre une fermeture sans effet durable. Menow a déjà expliqué pourquoi les blocages IPTV concernent plusieurs intermédiaires.
L’enquête BBC n’annonce pas pour autant une campagne de poursuites contre tous les spectateurs : elle décrit un risque de poursuite actuellement très faible pour les simples utilisateurs au Royaume-Uni. Les peines lourdes citées concernent des exploitants. Pour les diffuseurs, le défi reste double : couper les infrastructures pirates et proposer une offre capable de ramener leur public.

Eric Thomas suit l’actualité de Windows, des logiciels, de la cybersécurité grand public et des outils web. Il s’intéresse aux mises à jour système, aux nouveautés informatiques et aux solutions pratiques qui améliorent l’expérience numérique au quotidien.



