L’univers des smartphones pourrait être sur le point de connaître un véritable tremblement de terre réglementaire. La nouvelle loi de l’Union Européenne (UE) est en passe de réduire à néant l’un des principaux avantages de l’iPhone face à Android. Initialement, cette même loi a contraint Apple à adopter le port USB-C pour ses iPhones et à lever l’interdiction relative à l’installation d’applications tierces.
iMessage dans la tourmente réglementaire
L’offensive ne s’arrête pas là : Google, en alliance avec des opérateurs européens de premier ordre tels que Vodafone, Deutsche Telekom, Telefónica et Orange, cherche à profiter de cette pression pour ébranler la suprématie d’Apple. En visant le service iMessage, leur objectif est de le rendre compatible avec d’autres appareils. Cette stratégie s’appuie sur une lettre récemment divulguée par le Financial Times, adressée à la Commission Européenne. Google et ses partenaires exigent que iMessage soit considéré comme un service “fondamental”, ce qui, conformément au Digital Markets Act, contraindrait Apple à le rendre interopérable avec des plateformes telles que WhatsApp et Google Messages, argumentant que les utilisateurs en retireraient de multiples bénéfices.
Face à cette demande, Apple maintient que iMessage, n’étant pas suffisamment populaire au sein de l’UE pour justifier l’application de la nouvelle régulation, ne devrait pas être concerné. La loi spécifie en effet que seuls les services comptant plus de 45 millions d’utilisateurs actifs mensuels peuvent être régulés de la sorte. De plus, Apple avance que le service est offert gratuitement et que les utilisateurs peuvent pleinement profiter de leur iPhone sans iMessage.
La Commission, cependant, croit fermement que iMessage génère indirectement des revenus pour Apple, car il est installé par défaut et exclusif aux appareils de la marque. iMessage est perçu par l’UE comme “une composante essentielle de l’écosystème Apple”. Bien que la Commission ait refusé de commenter directement, elle a fait savoir que l’enquête était toujours en cours, avec une décision attendue pour février 2024.
Il est à noter qu’en 2013, Apple avait envisagé de rendre iMessage disponible sur Android, mais avait décidé contre, arguant que sans un modèle de monétisation, cela nuirait à l’entreprise. Actuellement, la fidélité à l’écosystème Apple est telle que de nombreuses familles préfèrent équiper leurs enfants d’iPhones, principalement pour l’accès à iMessage, mettant en lumière l’importance de cette application dans la fidélisation des utilisateurs.
L’ère de l’USB-C et de l’ouverture logicielle
Rappelons que sous la pression de l’UE, Apple a dû intégrer le connecteur USB-C sur les iPhones et, à partir de mars 2024, devra permettre l’installation d’applications en provenance de sources externes. Ce changement est significatif et s’étend bien au-delà du simple aspect matériel.
Le navigateur Safari, préinstallé et navigateur officiel sur iOS, pourrait aussi voir sa position remise en question par cette nouvelle réglementation. La libéralisation potentielle du marché des applications et des services préinstallés pourrait redessiner le paysage numérique et offrir aux consommateurs européens une liberté de choix sans précédent.

Je m’appelle Samuel Le Goff. À 38 ans, je suis l’actualité du numérique depuis plus de 14 ans. Aujourd’hui, je m’intéresse particulièrement aux smartphones et aux usages concrets de l’intelligence artificielle, que je traite à travers des contenus clairs et accessibles sur Menow.fr.
