Le conflit entre Rockstar Games et plusieurs anciens salariés prend une nouvelle tournure devant la justice britannique. Dayne Oram, ancien employé de Rockstar, affirme que certains membres du studio auraient été placés sur une sorte de « liste de surveillance » après avoir signé une pétition sur le travail à distance en 2023.
Cette accusation a été formulée devant un tribunal du travail à Glasgow. Elle intervient dans une procédure qui doit déterminer si Rockstar a licencié des salariés en raison de leurs activités syndicales.
Le studio rejette cette version. Rockstar soutient que les employés concernés ont été renvoyés pour faute grave après le partage d’informations confidentielles.
Un ancien salarié évoque une surveillance après une pétition interne
Dayne Oram faisait partie des employés licenciés par Rockstar en octobre 2025.
Lors de son témoignage devant le tribunal, il a expliqué avoir commencé à soupçonner une surveillance accrue de certains salariés après une pétition organisée en 2023.
Cette pétition concernait le retour au bureau imposé par Rockstar et avait recueilli environ 150 signatures.
Selon Oram, cet épisode aurait marqué le début d’un suivi plus attentif de certains employés par la direction.
Il a évoqué l’existence d’une possible « watch list », autrement dit une liste de personnes qui auraient été particulièrement surveillées.
Cette affirmation reste à ce stade une accusation formulée par un ancien salarié devant le tribunal. Aucun élément public ne permet d’établir qu’une telle liste existait officiellement chez Rockstar.
Rockstar affirme que les licenciements n’ont rien à voir avec un syndicat
Rockstar présente une version totalement différente.
Le studio affirme que les salariés concernés ont été licenciés après avoir partagé des informations confidentielles de l’entreprise dans un serveur Discord utilisé par plusieurs centaines de personnes.
Selon Rockstar, ce serveur ne réunissait pas uniquement des salariés directement concernés par les discussions internes. D’anciens employés et au moins une personne extérieure à l’entreprise auraient également pu y accéder.
Le studio considère donc que certaines informations internes ont été diffusées dans un espace qui ne pouvait pas être considéré comme strictement privé.
Cette affaire était déjà apparue en toile de fond lorsque Menow revenait sur les tensions internes chez Rockstar autour des licenciements et des accusations de pratiques antisyndicales.
34 salariés avaient été licenciés
Le conflit remonte à octobre 2025.
Rockstar avait alors licencié 34 personnes, dont 31 au Royaume-Uni et trois au Canada.
Une partie des anciens salariés estime que ces licenciements visaient en réalité à affaiblir une tentative d’organisation syndicale au sein du studio.
L’Independent Workers’ Union of Great Britain, qui soutient plusieurs d’entre eux, accuse Rockstar d’avoir ciblé des employés impliqués dans des activités syndicales.
Le dossier actuellement examiné à Glasgow concerne 31 anciens salariés. Parmi eux, 23 sont représentés par le syndicat.
Rockstar rejette catégoriquement les accusations de licenciements liés à une activité syndicale.
Le serveur Discord est au cœur du dossier
Une grande partie du débat porte sur la nature exacte des conversations tenues sur Discord.
Dayne Oram participait à la gestion d’un serveur comptant environ 300 membres. L’espace était notamment utilisé pour discuter des conditions de travail et de l’organisation des salariés.
Rockstar affirme que certains messages contenaient des informations confidentielles ainsi que des propos insultants envers des membres de la direction.
Oram a reconnu devant le tribunal que certaines discussions étaient devenues peu professionnelles et que la modération aurait pu être plus stricte.
Il conteste en revanche l’idée selon laquelle ces échanges justifieraient la version présentée par Rockstar sur l’ensemble des licenciements.
La question centrale pour le tribunal sera donc de déterminer pourquoi les salariés ont réellement été renvoyés.
Tous les signataires de la pétition n’ont pas été licenciés
Un élément complique l’accusation de surveillance ciblée.
La pétition sur le travail à distance avait recueilli environ 150 signatures, alors que seule une fraction de ces salariés a ensuite été licenciée.
Rockstar s’appuie notamment sur ce décalage pour contester l’existence d’un lien direct entre cette pétition et les licenciements intervenus deux ans plus tard.
Dayne Oram estime malgré tout que l’identité des personnes impliquées dans l’organisation syndicale pouvait être déduite par la direction.
Cette partie du dossier repose donc pour l’instant sur des interprétations opposées, et non sur un fait définitivement établi.
L’affaire arrive à un moment particulièrement sensible pour GTA 6
Le calendrier rend cette procédure encore plus visible.
Rockstar prépare actuellement la sortie de GTA 6 le 19 novembre 2026 sur PS5 et Xbox Series X|S.
Le jeu vient d’entrer dans une phase de communication beaucoup plus intense. Menow a récemment analysé les 27 minutes de gameplay officiel présentées par Rockstar, tandis que le studio cherche désormais à contrôler au maximum les informations qui circulent sur son prochain titre.
Ce contrôle est d’autant plus sensible que GTA 6 a récemment été touché par une importante fuite de gameplay.
Rockstar insiste depuis longtemps sur la confidentialité entourant ses projets, particulièrement lorsqu’il s’agit de GTA.
Le studio a également confirmé récemment que GTA 6 avait été développé sans utiliser d’IA générative, donnant de nouvelles informations sur ses méthodes de production à seulement quelques semaines du lancement.
Le tribunal doit encore entendre la version complète de Rockstar
La procédure ne fait que commencer.
Les anciens salariés et leurs représentants présentent actuellement leurs arguments devant le tribunal de Glasgow. Rockstar doit encore faire entendre ses propres témoins, notamment au cours du mois d’octobre.
Le procès doit se poursuivre jusqu’au 16 octobre 2026.
Il faudra donc attendre la suite des audiences avant de savoir si le tribunal considère que les licenciements étaient liés à des violations de confidentialité, comme l’affirme Rockstar, ou à une volonté de cibler des salariés engagés dans une organisation syndicale, comme le soutiennent les plaignants.
Pour l’instant, l’existence d’une « liste de surveillance » chez Rockstar reste une affirmation de Dayne Oram, et non un fait établi par la justice.
Source : The Guardian, IWGB

Maxime Lefèvre suit l’actualité du gaming, des consoles et des nouvelles technologies. Il couvre notamment les univers PlayStation, Xbox, Nintendo et PC Gaming, ainsi que les grandes annonces qui façonnent l’industrie du jeu vidéo.
