Un code aurait suffi à effacer son smartphone pendant un contrôle douanier. Samuel Tunick est depuis poursuivi aux États-Unis. Des documents révélés le 20 octobre par 404 Media éclairent le motif du ciblage de son téléphone sous GrapheneOS.
Les documents racontent un autre motif de contrôle
Le contrôle remonte à janvier 2025. D’après l’enquête de 404 Media, une alerte interne demandait alors d’intercepter ce militant du mouvement Stop Cop City à un aéroport en raison de soupçons d’activités terroristes. Les pièces récemment déposées comprennent une capture de cette alerte et des photographies de son interrogatoire.
Les agents lui auraient pourtant expliqué qu’ils souhaitaient rechercher des contenus pédocriminels sur l’appareil. C’est cet écart entre le motif interne et l’explication donnée à Tunick que révèle le média. Les soupçons mentionnés dans ces échanges ne constituent pas une démonstration de culpabilité.
Tunick aurait ensuite communiqué le code ayant effacé le téléphone. La révélation du 20 octobre concerne ces documents ; l’incident, lui, remonte à 2025.
GrapheneOS dispose réellement d’un code d’effacement
La fonction existe dans la documentation officielle de GrapheneOS. Le système mobile, fondé sur Android et orienté vers la sécurité, permet de configurer un code de contrainte distinct des identifiants habituels. Sa saisie dans une demande d’authentification compatible déclenche un effacement irréversible, y compris des eSIM installées.
L’opération ne nécessite pas de redémarrage et ne peut pas être interrompue, indique le projet. Ce comportement diffère d’un simple verrouillage : le but est de rendre les données inaccessibles, pas seulement de fermer l’écran. La documentation décrit cette capacité technique ; l’attribution de son utilisation à Tunick repose, elle, sur les informations rapportées dans l’affaire.
Les documents interrogent désormais les explications utilisées pour obtenir l’accès au téléphone, au-delà du seul effacement de ses données.

Samuel Le Goff suit l’actualité des smartphones, des systèmes d’exploitation mobiles et de l’intelligence artificielle depuis plus de 14 ans. Il couvre notamment Samsung, Xiaomi, Apple, Android, iOS et les grandes tendances du numérique.



