Le Galaxy Z Fold 8 Ultra à 2 199 euros n’a pas résisté au test de pliage extrême de JerryRigEverything : après une seconde torsion dans le sens opposé à sa charnière, son écran interne a brièvement clignoté avant de rester noir. Le Galaxy Z Fold 8 classique avait, lui, survécu à une épreuve comparable. La différence pourrait tenir au format plus imposant du modèle Ultra et aux contraintes supplémentaires exercées sur sa dalle pliable.
Le Galaxy Z Fold 8 Ultra mise pourtant sur une structure renforcée
Samsung n’a pas lésiné sur les matériaux. Le Galaxy Z Fold 8 Ultra combine un cadre en Armor Aluminum, du Gorilla Glass Ceramic 3 pour l’écran externe, une nouvelle charnière Armor FlexHinge et une structure baptisée FlexTitanium sous la dalle pliable.
Cette dernière repose sur deux couches de titane. D’après les démontages réalisés sur des modèles proches, il s’agirait d’une fine feuille d’alliage de titane, environ trois fois plus mince qu’un cheveu humain, associée à une plaque de support également en titane.
Sur le papier, l’ensemble paraît particulièrement robuste. Mais cela ne suffit pas à éliminer toutes les contraintes mécaniques.
Le Galaxy Z Fold 8 standard utilise lui aussi cette technologie FlexTitanium et a réussi son test de pliage. Le problème du modèle Ultra semble donc moins lié aux matériaux qu’à son format plus grand.
Avec un écran interne de 8 pouces, une dalle externe de 6,5 pouces et une épaisseur de seulement 4,1 mm lorsqu’il est déplié, la structure offre davantage de surface. Et donc davantage de levier lorsqu’une force importante est appliquée dans le mauvais sens.
Le deuxième pliage a suffi à faire disparaître l’image
Lors du premier essai, l’écran interne a résisté. C’est au deuxième pliage inversé que la situation s’est dégradée.
La dalle a commencé à clignoter à un endroit précis pendant l’ouverture, puis l’image a complètement disparu.
Plusieurs explications restent possibles. Le câble flexible reliant l’écran pourrait avoir été endommagé, tout comme un capteur chargé de détecter la position du téléphone.
Une autre hypothèse paraît également crédible : la charnière aurait exercé une contrainte suffisamment forte pour endommager mécaniquement la dalle AMOLED ultrafine depuis l’intérieur.
Impossible de l’affirmer sans démontage complet du modèle testé. Le comportement observé montre néanmoins que l’écran interne constitue ici le point qui a cédé.
Le Fold 8 classique avait encaissé autrement
Le résultat est d’autant plus intéressant que le Galaxy Z Fold 8 standard avait lui aussi subi des pliages inversés très sévères.
Sur ce modèle, des dégâts visibles étaient apparus autour du bloc photo et de la coque arrière. L’écran principal, lui, continuait de fonctionner.
Sur l’Ultra, c’est presque l’inverse : le châssis résiste, mais l’écran abandonne.
Les smartphones pliables n’ont donc pas tous le même point faible. Modifier l’épaisseur, la taille de l’écran ou la géométrie de la charnière peut déplacer les contraintes d’une zone à une autre.
Remplacer l’écran interne coûte 689 euros
Le prix de la réparation rend ce test nettement moins anecdotique. En Allemagne, Samsung facture 689 euros pour remplacer l’écran interne du Galaxy Z Fold 8 Ultra.
Aux États-Unis, la même opération est annoncée à 639 dollars.
L’écran externe reste moins cher à remplacer, mais la facture atteint tout de même environ 189 euros, ou 149 dollars aux États-Unis.
La comparaison avec les autres pliables Samsung est parlante. Le remplacement de l’écran interne du Galaxy Z Fold 8 classique coûte 579 dollars, tandis que celui du Galaxy Z Flip 8 descend à 359 dollars.
Le modèle Ultra est donc le plus coûteux à l’achat, mais aussi le plus cher à réparer dans cette famille.
Une réparation compliquée par la construction interne
Les démontages de la gamme Fold 8 permettent de comprendre une partie de ces tarifs. Sur les modèles apparentés, l’écran et la charnière sont souvent assemblés au sein d’un même bloc, avec de nombreux éléments collés.
Un dommage localisé peut alors nécessiter le remplacement d’une pièce bien plus importante que la seule zone touchée.
Le Galaxy Z Fold 8 standard avait d’ailleurs obtenu une note provisoire de seulement 4 sur 10 en réparabilité chez iFixit, notamment à cause de l’accès compliqué à la charnière.
Le modèle Ultra ajouterait une autre particularité : selon les analyses de démontage mentionnées, l’anneau du plateau photo serait cette fois fabriqué en plastique plutôt qu’en métal.
Un choix qui peut surprendre sur un appareil vendu 2 199 euros.
La partie externe de cet anneau métallique resterait en revanche relativement facile à retirer, ce qui pourrait simplifier certaines interventions sur les lentilles.
Le Galaxy Z Fold 8 Ultra n’a pas cédé de partout
L’échec de l’écran au test de pliage ne signifie pas que tout le téléphone manque de solidité.
Le châssis n’a pas cassé pendant l’épreuve, contrairement au Google Pixel 11 Pro Fold cité en comparaison, dont la structure avait totalement rompu lors d’un test similaire malgré une épaisseur supérieure.
Le test avec de la poussière n’a pas non plus révélé de problème particulier. La certification IP48 conserve malgré tout ses limites face aux particules les plus fines, puisqu’elle concerne uniquement les corps solides de plus de 1 mm.
L’écran externe en Gorilla Glass Ceramic 3 s’est également bien comporté lors du test de rayure. Les marques importantes ne sont apparues qu’à partir du niveau 7, tandis que le niveau 6 n’a provoqué que des traces limitées.
Face à une flamme directe, la dalle OLED a montré une faiblesse plus classique : après environ 9 secondes, certains pixels sont restés définitivement noirs.
Un test extrême qui ne reproduit pas un usage normal
Il faut remettre l’épreuve dans son contexte. Les tests de JerryRigEverything cherchent volontairement à pousser les appareils très loin au-delà d’un usage quotidien classique.
Un exemplaire qui tombe en panne lors d’un pliage inversé particulièrement violent ne permet donc pas d’affirmer que tous les Galaxy Z Fold 8 Ultra connaîtront le même sort.
Le résultat reste malgré tout instructif pour un smartphone vendu plus de 2 000 euros. Sa très faible épaisseur et son grand format imposent des contraintes mécaniques importantes à une structure qui doit rester pliable.
Et en cas d’accident, la facture peut vite grimper.
Avec 689 euros pour remplacer l’écran interne, une coque de protection à quelques dizaines d’euros paraît soudain beaucoup moins accessoire.

Samuel Le Goff suit l’actualité des smartphones, des systèmes d’exploitation mobiles et de l’intelligence artificielle depuis plus de 14 ans. Il couvre notamment Samsung, Xiaomi, Apple, Android, iOS et les grandes tendances du numérique.
