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Direct-to-cell : comment Starlink, Apple et Amazon comptent écraser le marché mobile depuis l’espace

La course aux satellites connectés aux smartphones est lancée. Starlink, Apple et Amazon avancent à toute vitesse avec une technologie capable de court-circuiter les opérateurs télécoms traditionnels. En embuscade, l’Europe semble déjà en retard.

Starlink déploie ses satellites pour connecter directement les smartphones

Depuis le 3 juin, un nouveau cortège de 23 satellites Starlink est venu renforcer la mégaconstellation d’Elon Musk. Leur particularité ? Plus de 600 d’entre eux sont désormais compatibles direct-to-cell, permettant à un simple smartphone 4G d’envoyer des messages directement via satellite, sans réseau terrestre.

Grâce à ce système, les utilisateurs pourront communiquer depuis des zones auparavant inaccessibles : mers, montagnes, zones polaires ou désertiques. Pour le moment, seul l’envoi de SMS est disponible, mais les futures générations devraient autoriser les appels vocaux et vidéo.

Une technologie encore marginale… mais aux perspectives colossales

Bien que limitée à des usages basiques, cette technologie aiguise déjà l’appétit des géants. Le cabinet Novaspace prédit une explosion du marché, qui pourrait atteindre 42 milliards de dollars d’ici dix ans. Les satellites deviennent l’ultime relais de téléphonie pour les zones blanches.

Apple a ouvert le bal dès 2022 avec Globalstar, investissant 1,7 milliard de dollars pour lancer une messagerie d’urgence par satellite sur ses iPhones. Elon Musk vise encore plus grand : entre 20 et 30 milliards de dollars injectés pour une constellation de 42 000 satellites d’ici 2028.

Amazon, AST, Lynk… une pluie d’acteurs américains prêts à bouleverser les équilibres

Amazon prévoit de lancer ses premiers satellites Kuiper fin 2025. De son côté, AST SpaceMobile a déjà réussi un appel vidéo par satellite avec Vodafone. Lynk Global, une start-up américaine, revendique plus de 50 partenariats opérateurs à travers 60 pays.

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Même Skylo, basé en Californie, s’associe à des acteurs européens comme Deutsche Telekom ou Telefonica pour ouvrir le satellite mobile au grand public.

Côté chinois, Huawei propose depuis 2023 des appels vocaux et des SMS par satellite. Et Geely, constructeur automobile, promet une couverture mondiale de son réseau GeeSpace d’ici fin 2025.

L’Europe, paralysée par ses doutes et ses modèles économiques

Face à cette vague, l’Europe peine à se mobiliser. Les opérateurs comme Orange jugent le marché trop limité en Europe pour justifier de lourds investissements. En parallèle, la technologie direct-to-cell reste peu performante, avec des débits trop faibles pour une adoption massive.

Certaines entreprises comme la start-up française CTO (Constellation Technologies & Opérations) préfèrent miser sur le modèle du backhaul : le mobile reste connecté à une antenne relais, elle-même liée à un satellite.

Liste des freins majeurs identifiés en Europe :

  • Débit limité, souvent restreint aux SMS
  • Absence de besoin urgent dans des zones déjà bien couvertes
  • Modèle économique incertain sur les marchés matures

Des start-up européennes isolées face aux géants américains

Seules quelques entreprises comme l’Espagnole Sateliot ou la Luxembourgeoise OQ Technology tentent d’occuper le terrain du direct-to-cell. En l’absence de stratégie industrielle unifiée, l’Europe risque de se voir reléguée au rang de spectatrice.

Pour Didier Verhulst, expert chez Cell & Sat, le risque est clair : « Sans action rapide, les Américains vont rafler la mise ». Les satellites Starlink pourraient demain se comporter comme des opérateurs mobiles hybrides, captant les clients des zones mal desservies avant de négocier des accords avec les acteurs locaux pour compléter leur couverture.

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Un enjeu stratégique et géopolitique : les fréquences au cœur de la bataille

Pour l’instant, les opérateurs détiennent la majorité des fréquences mobiles via des licences acquises à prix fort. Les céder aux géants du satellite semble peu probable… sauf si les régulateurs l’imposent.

La Commission européenne prévoit une redistribution de certaines licences satellitaires en 2027. Une occasion unique, selon Verhulst, pour l’Europe de proposer une initiative hybride et reprendre la main.

Vers un futur où Apple et Starlink deviennent opérateurs ?

L’idée peut paraître audacieuse, mais certains y croient. Apple, via Globalstar, et Starlink, avec ses satellites massifs, pourraient demain offrir des services mobiles globaux. L’Afrique ou l’Amérique latine seraient des points d’entrée idéaux pour tester ce modèle.

Le consultant Maxime Puteaux va plus loin : « On pourrait très bien voir un Apple devenir opérateur mobile à part entière dans certains pays ».

Un dernier sursaut est-il encore possible en Europe ?

Face à ces géants aux poches profondes et aux ambitions globales, l’Europe devra choisir entre l’endormissement technologique ou un réveil stratégique. La remise en jeu des licences, combinée à une alliance industrielle forte, pourrait rebattre les cartes.

Mais pour cela, encore faut-il oser entrer dans la course. Le direct-to-cell n’est plus de la science-fiction : c’est la prochaine frontière des télécommunications mobiles.

Je m’appelle Samuel Le Goff. À 38 ans, je suis l’actualité du numérique depuis plus de 14 ans. Aujourd’hui, je m’intéresse particulièrement aux smartphones et aux usages concrets de l’intelligence artificielle, que je traite à travers des contenus clairs et accessibles sur Menow.fr.

Samuel

Je m’appelle Samuel Le Goff. À 38 ans, je suis l’actualité du numérique depuis plus de 14 ans. Aujourd’hui, je m’intéresse particulièrement aux smartphones et aux usages concrets de l’intelligence artificielle, que je traite à travers des contenus clairs et accessibles sur Menow.fr.

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