Un lien de conversation ChatGPT pouvait donner accès à des discussions qui n’avaient jamais été partagées. Parameter a publié le 28 octobre une démonstration de cette faille, corrigée par OpenAI le 26. Les chercheurs l’ont reproduite entre des comptes distincts ; leur rapport n’établit pas une campagne de vol de données contre les utilisateurs.
Le danger venait du lien reçu, pas d’un partage de vos propres discussions
Dans son compte rendu de recherche, Parameter explique avoir préparé une conversation publique piégée. Son ouverture pouvait faire exécuter du code dans la session ChatGPT du visiteur connecté, puis lire une autre discussion privée et transmettre un extrait vers un serveur de test.
La distinction compte : la conversation lue n’avait pas été volontairement partagée. Vérifier le contenu de ses propres liens publics reste une bonne précaution de confidentialité, mais cela ne décrit pas la faille révélée ici. Le problème était la capacité d’un contenu reçu à agir au-delà de son espace prévu.
Deux fonctions combinées franchissaient une barrière de sécurité
La démonstration associait un graphique interactif et un aperçu HTML. Un composant acceptait des messages sans contrôler correctement leur origine. Cette chaîne permettait à un contenu normalement isolé d’atteindre le contexte principal du site.
Une manière simple de comprendre l’enjeu : afficher un document fourni par quelqu’un ne devrait pas lui donner les mêmes possibilités qu’à la personne connectée. Le navigateur doit maintenir cette séparation même lorsque le document comporte des éléments interactifs. L’incident montre pourquoi la sécurité d’une fonction dépend aussi de ses échanges avec les autres composants de la page.
Le domaine du site ne résumait pas le risque
Le lien de test utilisait le partage normal de ChatGPT. Il ne reposait donc pas simplement sur une imitation du nom du site. Le contrôle de l’adresse aide à repérer les faux portails de connexion, mais ne remplace pas les protections du service contre les contenus malveillants hébergés chez lui.
Le correctif précède la publication du rapport
La faille décrite a été corrigée avant sa divulgation publique. Il faut donc lire le rapport comme l’explication d’un problème résolu, sans transformer cette démonstration en annonce d’un piratage généralisé.
Pour l’utilisateur, la précaution durable reste de se demander qui envoie une conversation et dans quel but avant de suivre une sollicitation inattendue. L’intérêt du rapport est surtout de rendre visible une frontière technique : un aperçu interactif doit rester un contenu à consulter, sans acquérir les accès du compte qui le regarde.

Eric Thomas suit l’actualité de Windows, des logiciels, de la cybersécurité grand public et des outils web. Il s’intéresse aux mises à jour système, aux nouveautés informatiques et aux solutions pratiques qui améliorent l’expérience numérique au quotidien.



