ActualitéInformatique

Xring, Xiaomi veut se libérer des puces Qualcomm et MediaTek

Xiaomi veut réduire sa dépendance à Qualcomm et MediaTek grâce à ses propres puces Xring, avec trois nouveaux composants destinés aux smartphones, à l’intelligence artificielle et à l’automobile. Le plus ambitieux, le Xring 03, serait gravé en 3 nm et viserait directement les appareils haut de gamme. Le chantier est énorme. Et Xiaomi entend manifestement aller beaucoup plus loin qu’avec sa première génération.

Xiaomi accélère fortement avec ses puces Xring

Le Xring 01 lancé l’an dernier n’était visiblement qu’un premier essai. Xiaomi vient désormais d’élargir cette famille avec trois nouvelles puces aux usages bien distincts.

La stratégie apparaît clairement : le constructeur chinois veut moins dépendre des composants fournis par Qualcomm et MediaTek.

Cela ne signifie pas que Xiaomi va abandonner immédiatement ces partenaires. Mais à terme, leur poids dans les produits de la marque pourrait diminuer si les puces Xring tiennent leurs promesses.

Et sur le papier, Xiaomi affiche déjà de solides ambitions.

Le Xring 03 veut s’attaquer au très haut de gamme

Le composant le plus directement lié aux smartphones est le Xring 03, un SoC haut de gamme qui serait fabriqué selon un procédé en 3 nanomètres.

Xiaomi mettrait particulièrement l’accent sur les performances liées à l’intelligence artificielle, désormais essentielles sur les appareils premium.

Son prédécesseur n’avait été intégré qu’à un seul smartphone. Cette nouvelle génération pourrait connaître une diffusion plus large si Xiaomi estime ses performances suffisamment compétitives.

Ce serait une étape importante.

Utiliser davantage ses propres puces permettrait au constructeur de mieux maîtriser l’intégration entre le matériel, Android et ses fonctions d’IA.

A lire :  HyperOS 2.2 : 9 raisons de l’installer sans attendre

Xiaomi développe aussi une puce pour ses voitures

Les ambitions de Xring dépassent largement le marché des smartphones.

Le nouveau Xring D100 serait consacré à la conduite intelligente et accorderait, lui aussi, une place centrale aux traitements liés à l’IA.

Ce choix n’a rien d’anodin. Xiaomi développe désormais fortement son activité automobile et cherche logiquement à contrôler davantage de composants stratégiques utilisés dans ses véhicules.

Le groupe a également présenté le Xring 0100, décrit comme un accélérateur d’IA.

Smartphones, voitures, intelligence artificielle : Xiaomi construit donc progressivement une gamme de semi-conducteurs couvrant plusieurs de ses activités essentielles.

Moins dépendre de Qualcomm donnerait plus de contrôle à Xiaomi

Concevoir ses propres processeurs pourrait permettre à Xiaomi de mieux contrôler les performances, la consommation énergétique et l’optimisation de ses produits.

Le constructeur gagnerait également en liberté face aux calendriers et aux tarifs imposés par ses fournisseurs de puces.

Sur le papier, l’intérêt est évident.

Dans les faits, développer un processeur haut de gamme capable de rivaliser avec les meilleurs Snapdragon ou Dimensity est extrêmement complexe. Peu d’entreprises y parviennent durablement.

Le Xring 03 serait toujours fabriqué par TSMC

Xiaomi ne deviendrait pas pour autant totalement autonome dans les semi-conducteurs.

Le groupe conçoit ses puces, mais leur fabrication resterait confiée à un fondeur extérieur. Pour le Xring 03, Xiaomi devrait notamment s’appuyer sur TSMC.

La marque resterait également dépendante de technologies internationales pour certains éléments fondamentaux de ses processeurs.

Les cœurs reposent notamment sur des architectures issues d’ARM, tandis que la production des puces les plus avancées nécessite des équipements conçus par des entreprises spécialisées étrangères.

A lire :  N'achetez pas votre Redmi Note 13 sur AliExpress pour cette raison

L’indépendance reste donc relative.

Développer ses propres puces reste extrêmement difficile

L’exemple de Samsung montre à quel point l’exercice peut être délicat.

Le constructeur coréen développe depuis longtemps ses propres puces pour ses smartphones haut de gamme, mais peine parfois à atteindre le niveau de performances et d’efficacité souhaité face à ses principaux concurrents.

Apple a réussi à installer durablement ses propres processeurs dans ses appareils, tandis que Google poursuit également cette stratégie avec ses puces Tensor.

Dans l’automobile, des fabricants chinois comme Xpeng développent eux aussi leurs propres composants spécialisés dans l’intelligence artificielle.

Xiaomi suit donc une tendance de fond.

Xring devient une pièce centrale de la stratégie Xiaomi

Avec les Xring 03, Xring D100 et Xring 0100, Xiaomi ne cherche plus simplement à expérimenter avec quelques processeurs maison.

Le groupe veut progressivement maîtriser davantage de technologies essentielles à ses futurs produits, qu’il s’agisse de smartphones, de voitures ou de services reposant sur l’IA.

Qualcomm et MediaTek resteront encore présents dans l’écosystème Xiaomi. Mais leur domination pourrait commencer à reculer.

Et cette fois, Xring ressemble beaucoup moins à un projet secondaire qu’à une véritable stratégie industrielle.

Samuel Le Goff suit l’actualité des smartphones, des systèmes d’exploitation mobiles et de l’intelligence artificielle depuis plus de 14 ans. Il couvre notamment Samsung, Xiaomi, Apple, Android, iOS et les grandes tendances du numérique.

Samuel

Samuel Le Goff suit l’actualité des smartphones, des systèmes d’exploitation mobiles et de l’intelligence artificielle depuis plus de 14 ans. Il couvre notamment Samsung, Xiaomi, Apple, Android, iOS et les grandes tendances du numérique.

Voir tous les articles

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *