Le duel ne se joue pas dans l’espace, mais entre les toits et les arbres. Face à la constellation de satellites Starlink, une technologie terrestre développée par Google pourrait bien redistribuer les cartes de la connectivité mondiale. Elle s’appelle Taara. Un faisceau lumineux invisible, 100 fois plus rapide, presque sans latence. Et déjà en action.
Alors que SpaceX déploie des milliers de satellites pour couvrir la planète, une autre approche gagne du terrain. Taara, née dans les laboratoires de Google X, mise sur une technologie aussi discrète que puissante : la transmission de données par faisceaux lumineux. Pas de câbles, pas d’orbite, juste deux points fixes et un alignement précis.
20 Gbit/s dans les airs : la fibre, sans les tranchées
Fini les pelleteuses et les installations lourdes. Les boîtiers Lightbridge de Taara envoient des données à très haut débit, jusqu’à 20 Gbit/s, sur une distance allant jusqu’à 20 kilomètres, avec une latence inférieure à 5 millisecondes. À titre de comparaison, Starlink se situe plutôt entre 20 et 40 ms.
Chaque terminal, d’un poids de 13 kg pour 75 cm de long, utilise un système de miroirs dynamiques et de capteurs intelligents. Ils maintiennent le faisceau lumineux parfaitement aligné, même en cas de pluie ou de vents forts. La technologie fonctionne sur une fréquence de 193 THz (entre 1535 et 1565 nm), bien loin des interférences radio habituelles. Résultat : une connexion rapide, stable et économe.
Taara contre Starlink : deux logiques, deux performances
| Critère | Taara (Google) | Starlink (SpaceX) |
|---|---|---|
| Technologie | Faisceau lumineux optique terrestre | Satellite en orbite basse |
| Débit | Jusqu’à 20 Gbit/s | Environ 100 à 250 Mbit/s |
| Latence | Moins de 5 ms | Entre 20 et 40 ms |
| Portée | 20 km (point à point) | Couverture mondiale |
| Installation | Légère, rapide, sur support existant | Antenne motorisée, vue dégagée requise |
| Consommation | 40 W | Entre 100 et 200 W |
Une réponse ciblée là où Starlink généralise
Starlink couvre l’ensemble du globe, mais Taara agit avec précision. Idéale pour les zones mal desservies, les événements temporaires, les sites industriels reculés ou encore les villages oubliés des grands opérateurs.
Elle a déjà fait ses preuves :
- Un faisceau de 5 km entre Kinshasa et Brazzaville, au-dessus du fleuve Congo, a permis de diviser les coûts de l’accès à Internet.
- En Inde, des tests ont démontré une disponibilité de 99,8 %.
- Lors du festival de Coachella, elle a permis de fournir du haut débit à des dizaines de milliers de personnes.
Et ce n’est qu’un début. Dès 2026, une puce photonique de la taille d’un ongle viendra miniaturiser cette technologie, ouvrant la voie à son intégration dans des objets connectés ou des véhicules autonomes.
Une alternative qui pourrait séduire au-delà des zones reculées
Loin d’être une simple curiosité technologique, Taara s’impose comme une solution concrète pour connecter efficacement et à moindre coût les zones isolées. Elle ne remplace pas Starlink, elle le complète intelligemment. Là où les satellites couvrent les océans et les régions dépeuplées, Taara connecte les écoles, les hôpitaux, les exploitations agricoles ou les quartiers mal desservis, en s’appuyant sur l’infrastructure existante.
La technologie pourrait trouver un véritable écho en France, notamment dans les zones rurales où la fibre tarde à arriver. Elle représenterait une alternative crédible et rapide pour améliorer l’accès à Internet, sans attendre des travaux de plusieurs années. Et si l’avenir du très haut débit ne venait pas uniquement du ciel, mais aussi d’un faisceau de lumière qui traverse l’air, silencieusement ?

Je m’appelle Samuel Le Goff. À 38 ans, je suis l’actualité du numérique depuis plus de 14 ans. Aujourd’hui, je m’intéresse particulièrement aux smartphones et aux usages concrets de l’intelligence artificielle, que je traite à travers des contenus clairs et accessibles sur Menow.fr.
