En ce lundi 24 novembre, SpaceX savoure un tir réussi, l’entrée d’Emirates dans l’ère du Wi-Fi gratuit à bord… et doit encaisser en parallèle l’échec d’un prototype Starship. Entre prouesses techniques et retards possibles, le contraste est saisissant.
Lancement Starlink 11‑30 : 28 satellites supplémentaires en orbite
Dans la nuit de samedi à dimanche, à 0h48 heure locale (8h48 UTC), une fusée Falcon 9 a décollé depuis la base spatiale de Vandenberg, en Californie. À son bord : 28 satellites Starlink destinés à une orbite inclinée à 53 degrés. Ce lancement s’inscrit dans l’expansion continue de la constellation de deuxième génération, optimisée pour une couverture plus dense.
Ce vol marquait également la grande première du booster B1100. Huit minutes après son départ, il est revenu se poser sans encombre sur la barge “Of Course I Still Love You”, dans le Pacifique. Un nouvel exemple de la régularité exceptionnelle de SpaceX, avec plus de 540 atterrissages réussis et une série ininterrompue de plus de 120 récupérations.
Avec cette mission, SpaceX atteint :
- Son 151e lancement Falcon 9 de 2025
- Sa 156e mission orbitale de l’année
Des chiffres qui traduisent une cadence jamais vue dans l’industrie spatiale.
Les satellites v2-mini renforcent la constellation
La cargaison comprenait 28 satellites v2-mini, plus petits que les Gen2 standards mais dotés des mêmes innovations : antennes améliorées et liaisons laser inter-satellites pour une connectivité plus rapide et fiable.
D’après KeepTrack, plus de 10 000 satellites Starlink ont été lancés à ce jour, dont 9 000 encore actifs en orbite, quasi tous opérationnels. Ce renforcement constant rend le réseau plus robuste face aux défaillances individuelles.
Starlink dépasse les 8 millions de clients
Derrière ces tirs à répétition, un objectif commercial clair : accompagner une croissance spectaculaire du parc d’abonnés. Début novembre, SpaceX annonçait avoir franchi le cap des 8 millions d’utilisateurs dans 150 pays, contre 6 millions en juin.
Ce lancement contribue à :
- Réduire la saturation sur les zones densément peuplées
- Améliorer les connexions aux latitudes élevées
- Offrir une meilleure tolérance aux pannes
Emirates connecte son premier vol avec Starlink
Ce dimanche 23 novembre, Emirates a opéré son premier vol commercial équipé du Wi-Fi Starlink, sur un Boeing 777‑300. Tous les passagers ont pu bénéficier d’une connexion gratuite, sans authentification compliquée, avec une qualité suffisante pour le streaming HD, les appels vidéo ou les jeux en ligne.
C’est le début d’un vaste déploiement : 232 appareils (777 et A380) seront équipés d’ici mi‑2027. Chaque avion disposera de 2 à 3 antennes pour assurer une couverture sans interruption, même lors des virages ou selon la position du fuselage.
Flydubai, Qatar Airways, British Airways : la tendance s’accélère
Flydubai prévoit à son tour d’équiper sa flotte de Boeing 737. Qatar Airways et British Airways sont également dans les rangs, positionnant le Wi-Fi Starlink comme un nouvel argument commercial fort dans l’aérien.
Avec ce virage, SpaceX ne se contente plus de fournir des satellites : l’entreprise renforce son modèle intégré, allant de la fabrication à la fourniture directe de service.
Starlink pousse vers le mobile : partenariat géant avec Veon
Au-delà des avions, Starlink vise aussi les utilisateurs de téléphones classiques, sans équipement spécialisé. Le groupe télécom Veon, actif notamment en Ukraine et au Kazakhstan, a signé un partenariat majeur pouvant toucher jusqu’à 150 millions de clients potentiels.
Le lancement de dimanche renforce cette stratégie, en ajoutant des satellites compatibles direct-to-cell, un secteur stratégique où SpaceX devance Amazon Kuiper et OneWeb.
Un revers au sol pour Starship V3 : un prototype lourdement endommagé
Vendredi 21 novembre, un test de pression a mal tourné sur le site de Starbase, au Texas. Le prototype Booster 18, premier exemplaire de la version 3 de Starship, a subi une rupture de structure lors d’un test à gaz. Aucun ergol cryogénique n’était chargé et aucun moteur n’était installé, mais une partie du réservoir d’oxygène liquide a littéralement explosé, sous les yeux de caméras en direct.
SpaceX a confirmé l’“anomalie” sans blessés, précisant que l’incident est survenu avant les tests structurels formels.
Pourquoi ça inquiète la NASA
Ce prototype devait être crucial dans la campagne de démonstration du Starship lunaire, destiné à soutenir les missions Artemis de la NASA. Le calendrier s’en trouve fragilisé :
- Le premier vol du V3 était prévu pour début 2026
- L’incident retarde l’ensemble de la qualification du modèle
- La NASA a déjà ouvert la porte à d’autres fournisseurs pour Artemis III
Le risque ? Que Blue Origin et d’autres en profitent pour proposer leurs alternatives.
Un contretemps, mais pas un arrêt
Chez SpaceX, les échecs sont intégrés dans la démarche de développement rapide. D’autres prototypes ont explosé en vol ou au sol, sans empêcher des progrès rapides. Le dernier test en vol, en mai 2025, avait permis d’atteindre l’orbite.
Cela dit, le V3 était le seul exemplaire en construction avancée, et il faudra repartir de zéro. Les observateurs s’accordent à dire qu’un décalage de plusieurs mois est probable.
Et maintenant ?
Pour les jours à venir, le programme reste chargé :
- 26 novembre : lancement de la mission Transporter‑15 depuis Vandenberg, avec une quarantaine de petits satellites à bord
- Vers le 30 novembre : un nouveau tir Starlink, toujours depuis la côte ouest
Côté Starship, SpaceX n’a pas encore donné de calendrier. L’heure est à l’analyse de l’incident, aux réparations et à la préparation du prochain prototype.
Ce qu’il faut retenir ce 24 novembre
- Falcon 9 a lancé 28 satellites Starlink v2‑mini, renforçant la constellation depuis la Californie
- Le booster B1100 a été récupéré avec succès dès son premier vol, illustrant la fiabilité du modèle
- Emirates a effectué son premier vol équipé du Wi-Fi Starlink, avec un service gratuit et rapide pour tous les passagers
- Un problème majeur sur le prototype Starship V3 complique le calendrier lunaire de SpaceX et pourrait profiter à la concurrence
- Starlink continue son expansion mondiale, avec 8 millions d’abonnés et des accords clés dans l’aviation et la téléphonie mobile
L’histoire s’écrit en orbite, mais aussi au sol : entre prouesses et pressions, SpaceX avance à pleine vitesse, quitte à devoir réparer en route.

Je suis Samuel Le Goff, à la tête de Menow.fr et père de deux enfants. À 38 ans, je navigue dans l’univers de l’informatique depuis plus de 14 ans, me spécialisant récemment dans le contenu high-tech et le gaming. Ma mission ? Partager des conseils pratiques et des insights en technologie, avec une touche d’honnêteté et d’authenticité, comme si je m’adressais à des amis.

