OnePlus, Oppo et realme : trois marques, une seule interface ? Derrière la ressemblance troublante de leurs systèmes d’exploitation se cache une stratégie de fusion discrète, mais radicale. OxygenOS perd-il son âme ?
Une fusion technique masquée par des logos différents
Ce que beaucoup d’utilisateurs avaient redouté est désormais une réalité : OxygenOS, autrefois salué pour sa simplicité et sa proximité avec Android Stock, s’aligne désormais sur les codes de ColorOS (Oppo) et de Realme UI. Cette transformation est le fruit d’une décision stratégique du groupe BBK Electronics, maison mère des trois marques.
Depuis Android 11, OnePlus a progressivement abandonné le développement indépendant de sa surcouche. En coulisses, les équipes de développement ont été fusionnées, mutualisant code, fonctionnalités et calendrier de mises à jour. Le but ? Réduire les coûts, accélérer les déploiements, et harmoniser l’expérience utilisateur.
Des interfaces presque jumelles, jusque dans les moindres détails
Menus, animations, widgets, effets visuels… Tout converge. Les trois interfaces offrent désormais un aspect quasi identique. Seuls quelques ajustements cosmétiques subsistent pour préserver une illusion d’identité de marque.
Parmi les éléments standardisés :
- Le centre de contrôle et ses raccourcis rapides
- Les animations système lors du déverrouillage ou du multitâche
- La gestion de la batterie avec les mêmes options d’optimisation
- Les menus contextuels identiques dans les paramètres
Pour les habitués de OnePlus, ce changement peut provoquer un choc : l’expérience logicielle autrefois sobre et épurée devient une copie conforme de ce qui se trouve déjà chez Oppo et realme.
Ce qu’OxygenOS a perdu… et gagné
Autrefois plébiscité pour sa légèreté et sa fidélité à Android pur, OxygenOS s’est transformé en une surcouche plus dense, parfois jugée intrusive. Certains utilisateurs regrettent la disparition :
- des options avancées de personnalisation typiques de OnePlus
- de la fluidité unique d’une interface minimaliste
- de l’ergonomie pensée avant tout pour l’utilisateur « power user »
Mais tout n’est pas à jeter. Cette fusion a permis à OxygenOS de :
- Réduire drastiquement les bugs grâce à un code partagé et mieux testé
- Bénéficier de mises à jour plus fréquentes et mieux synchronisées
- Offrir des applications système plus riches et modernes (batterie, sécurité, permissions)
Une identité sacrifiée au nom de l’efficacité ?
La nouvelle philosophie de OnePlus repose sur une uniformisation assumée, censée faciliter la maintenance et améliorer l’expérience globale. Mais cette standardisation a un coût : la disparition progressive de l’identité unique d’OxygenOS.
Pour les fidèles de la première heure, ce virage marque la fin d’une époque. Les acheteurs de OnePlus ne retrouvent plus ce qui faisait l’essence même de la marque : une interface épurée, rapide et orientée vers les puristes d’Android.
Pour les nouveaux venus, en revanche, cette convergence peut être rassurante. Elle garantit un système robuste, des nouveautés rapides, et une certaine familiarité si l’on vient d’un Oppo ou d’un realme.
Une seule base logicielle pour trois marques : pari gagnant ?
Ce rapprochement entre OxygenOS, ColorOS et Realme UI illustre une tendance lourde dans l’univers Android : l’optimisation des ressources au détriment de la différenciation. Le logiciel devient un produit partagé, à peine maquillé selon la marque apposée sur le dos du smartphone.
OnePlus a gardé le nom « OxygenOS » pour préserver une image de marque forte, mais l’ADN du système appartient désormais au tronc commun conçu par Oppo. À l’avenir, il est probable que ces trois surcouches n’évoluent plus que dans des détails visuels… ou marketing.
En misant sur l’efficacité et la stabilité, OnePlus répond aux attentes du plus grand nombre. Mais ce choix, dicté par la stratégie du groupe, éloigne la marque de ses racines et de son public initial. Reste à savoir si ce nouveau visage séduira autant que l’ancien.

Je m’appelle Samuel Le Goff. À 38 ans, je suis l’actualité du numérique depuis plus de 14 ans. Aujourd’hui, je m’intéresse particulièrement aux smartphones et aux usages concrets de l’intelligence artificielle, que je traite à travers des contenus clairs et accessibles sur Menow.fr.

