Un tournant décisif vient d’être pris dans la lutte contre le streaming illégal. Pour la première fois, ce ne sont plus les revendeurs ni les administrateurs de plateformes IPTV qui sont visés, mais bien les utilisateurs eux-mêmes. Depuis le début du mois de mai, plus de 2 200 personnes ont reçu une amende de 154 euros pour avoir utilisé un service de télévision par Internet non autorisé. Et cette vague de sanctions ne fait que commencer.
Une action inédite des autorités
La réponse des autorités italiennes repose sur un dispositif judiciaire renforcé. Grâce à un accord signé entre le parquet, la Guardia di Finanza (police financière) et l’AGCOM (équivalent italien de l’ARCOM), les services chargés de la lutte contre la cybercriminalité ont pu accéder aux données collectées lors du démantèlement de plusieurs plateformes illégales.
Lors d’une opération menée en octobre à Lecce, des milliers d’adresses IP, coordonnées bancaires et adresses e-mail d’abonnés à des services pirates ont été saisies. Ces informations ont permis d’établir des procès-verbaux à l’encontre des utilisateurs.
Ce changement s’appuie sur la loi 93/2023, adoptée pour intensifier la répression du piratage. Cette législation autorise des amendes administratives comprises entre 154 et 5 000 euros en cas de récidive, sans qu’il soit nécessaire d’engager de procédure pénale. Concrètement, un usage illégal peut être sanctionné aussi rapidement qu’une infraction au code de la route, sur la base de preuves numériques.
Soutien massif du secteur sportif
Cette nouvelle sévérité est largement soutenue par les grands clubs de football, directement touchés par les pertes liées au piratage. Paolo Scaroni (président de l’AC Milan) et Beppe Marotta (dirigeant de l’Inter Milan) militent depuis des mois pour une action plus ferme. Selon eux, le streaming illégal ferait perdre près d’un milliard d’euros par an au football italien. Un manque à gagner qui fragilise l’ensemble de la filière, des clubs jusqu’aux diffuseurs officiels.
En parallèle, l’Italie a mis en place un dispositif baptisé Piracy Shield, capable de bloquer en quelques minutes les flux IPTV illégaux. Il oblige les fournisseurs d’accès à filtrer les DNS, y compris des services comme Google DNS, désormais tenus de respecter les décisions judiciaires. L’objectif est clair : empêcher la diffusion en direct de contenus protégés, principal argument des plateformes pirates.
Une approche qui s’exporte
En Grèce, une loi similaire est à l’étude pour sanctionner également les utilisateurs, avec des amendes pouvant atteindre 5 000 euros. D’autres pays européens, dont la France, observent la situation avec attention. Pour l’heure, les utilisateurs de services IPTV non officiels ne risquent que peu de choses sur le territoire français, tant que leur usage reste strictement privé. Mais la pression des ayants droit et des diffuseurs pourrait bien faire évoluer cette position rapidement.
En sanctionnant les abonnés eux-mêmes, l’Italie modifie les règles du jeu. Le message est clair : payer 30 euros par an pour accéder à des centaines de chaînes n’est pas anodin. La sanction devient individuelle, et l’ignorance ne sera plus une excuse. Beaucoup franchissent cette ligne rouge sans en mesurer les conséquences.
IPTV : votre abonnement peut disparaître du jour au lendemain (et votre argent aussi)

Je m’appelle Samuel Le Goff. À 38 ans, je suis l’actualité du numérique depuis plus de 14 ans. Aujourd’hui, je m’intéresse particulièrement aux smartphones et aux usages concrets de l’intelligence artificielle, que je traite à travers des contenus clairs et accessibles sur Menow.fr.
