D’abord lancée sur la Forerunner 970, cette fonctionnalité entend redéfinir la manière dont les coureurs perçoivent leur efficacité énergétique. En théorie, l’idée est prometteuse. Dans les faits, le tableau est moins clair : coût élevé, compatibilité limitée, et fonctionnalités incomplètes.
Ce que mesure vraiment l’économie de course
L’économie de course reflète la capacité du corps à transformer l’énergie en mouvement. Exprimée en ml d’oxygène par kilo par kilomètre (ml/kg/km), elle se distingue de la VO2Max par son potentiel de progression plus important, notamment chez les athlètes déjà bien entraînés.
Deux personnes avec une VO2Max équivalente peuvent avoir des performances très différentes, simplement à cause d’une gestuelle plus ou moins optimisée.
« L’économie de course, c’est comme la consommation d’essence d’une voiture. Elle ne dit pas si le coureur est rapide ou lent, juste s’il est économe. » – Garmin
Un algorithme précis mais exigeant
Garmin s’appuie sur des données avancées pour établir cette mesure : fréquence cardiaque, allure, longueur de foulée, temps de contact au sol, oscillation verticale, et surtout la perte de vitesse à l’impact — une donnée uniquement disponible avec la ceinture HRM600.
Ce dernier indicateur met en lumière la qualité de votre pose de pied à chaque foulée, révélant un style fluide ou énergivore.
De sérieuses limites à l’usage
Le système ne prend en compte que les sorties sur route ou sur piste. Le trail et le tapis de course sont exclus, ce qui limite grandement son intérêt pour ceux qui sortent des sentiers battus.
| Activité | Compatible | Qualité des données |
|---|---|---|
| Course sur route (plat) | ✅ | Excellente |
| Course sur piste | ✅ | Optimale |
| Trail et sentiers | ❌ | Non pris en compte |
| Tapis de course | ❌ | Incompatible |
Autre contrainte : il faut au moins 4 à 6 séances pour obtenir une estimation fiable. Et si votre parcours inclut du dénivelé, la précision chute drastiquement.
Un tarif qui refroidit
Pour accéder à cette seule fonctionnalité, il faut combiner une montre premium (comme la Forerunner 970) à la ceinture HRM600, vendue 169 €. Cela en fait l’une des métriques les plus coûteuses jamais proposées par Garmin.
Problèmes de connexion et compatibilité
La ceinture HRM600 utilise le Bluetooth sécurisé, rendant les connexions multiples impossibles et compliquant la synchronisation avec d’autres équipements. L’abandon progressif du protocole ANT+ réduit aussi la souplesse d’utilisation, surtout pour les adeptes d’un écosystème connecté plus large.
À ce jour, seule la Forerunner 970 est compatible, mais Garmin prévoit d’étendre l’accès à la fēnix 8 et à l’Enduro 3 via de futures mises à jour.
Une interface claire mais peu interactive
Le widget est divisé en trois écrans : un résumé général, un score détaillé et une courbe d’évolution mensuelle. L’affichage est lisible, fidèle à l’esprit Garmin, mais aucune analyse par séance n’est proposée, ce qui limite le feedback immédiat.
Une comparaison utile avec la VO2Max
En divisant votre score d’économie de course par votre VO2Max, vous obtenez une estimation de votre allure théorique maximale. Cette méthode permet d’évaluer la cohérence des données et d’identifier d’éventuels écarts.
Des alternatives bien plus concrètes
Des solutions comme MovaIA, basées sur l’analyse vidéo par intelligence artificielle, vont beaucoup plus loin : conseils sur la posture, la pose de pied, la cadence idéale, etc. Des recommandations claires et actionnables, absentes chez Garmin.
Enfin, un coach spécialisé en biomécanique reste la meilleure option. Ses ajustements personnalisés et son regard expert offrent des résultats concrets et durables. Un vrai gain comparé à une métrique coûteuse mais partiellement exploitée.

Je m’appelle Samuel Le Goff. À 38 ans, je suis l’actualité du numérique depuis plus de 14 ans. Aujourd’hui, je m’intéresse particulièrement aux smartphones et aux usages concrets de l’intelligence artificielle, que je traite à travers des contenus clairs et accessibles sur Menow.fr.
