DJI reste une entreprise privée largement contrôlée par son fondateur Frank Wang et quelques actionnaires historiques. Ses drones sont principalement produits en Chine, avec des capacités d’assemblage également présentes en Malaisie. Derrière cette organisation se cache une chaîne d’approvisionnement mondiale qui évolue rapidement sous l’effet des restrictions technologiques visant le groupe.
Frank Wang resterait le principal actionnaire de DJI
DJI a été fondée en 2006 par Frank Wang, alors étudiant en ingénierie. Près de vingt ans plus tard, il resterait le premier actionnaire de l’entreprise avec une participation estimée à environ 45 %.
Le chiffre exact reste difficile à établir.
DJI n’étant pas cotée en Bourse, elle n’est pas tenue de publier le même niveau de détail sur son capital qu’une société cotée.
Des documents judiciaires déposés par DJI en 2024 dans le cadre d’une procédure contre le ministère américain de la Défense ont toutefois apporté davantage de précisions sur sa structure.
Selon ces éléments, quatre personnes, dont Frank Wang, détiendraient 99 % des droits de vote et environ 87,4 % du capital total.
Quelques investisseurs historiques conservent un poids important
Trois investisseurs de longue date sont notamment cités : Lu Di, Swift Xie et Li Zexiang.
Leur lien avec les débuts de DJI est particulièrement étroit.
Li Zexiang, professeur de robotique, aurait notamment accompagné Frank Wang lors de ses premières expérimentations dans le domaine des drones.
La structure du capital comprendrait également une participation d’entreprises publiques chinoises. Cinq groupes détenus par l’État chinois contrôleraient ainsi environ 5,4 % des actions de DJI.
Une participation minoritaire, mais qui attire régulièrement l’attention compte tenu de la place de DJI sur le marché mondial des drones.
Les principaux drones DJI sont fabriqués en Chine

Même si les premiers travaux autour de DJI ont débuté à Hong Kong, l’entreprise a rapidement installé son activité principale à Shenzhen.
Le choix n’a rien d’anodin.
La ville est l’un des plus grands pôles mondiaux de l’électronique et dispose d’un immense réseau de fournisseurs, de fabricants de composants et de spécialistes de l’assemblage.
Cette proximité aurait permis à DJI de développer une grande partie de sa production en interne plutôt que de confier entièrement la fabrication de ses drones à des sous-traitants.
Aujourd’hui, la Chine reste donc au cœur de la production DJI.
DJI assemble également des drones en Malaisie
La Chine n’est toutefois pas le seul pays impliqué dans la fabrication.
DJI disposerait aussi de capacités d’assemblage en Malaisie, ce qui permet au constructeur de diversifier une partie de sa production.
Cette répartition est particulièrement importante dans un contexte où les tensions commerciales et les restrictions visant certaines entreprises chinoises compliquent les chaînes d’approvisionnement internationales.
Pour DJI, fabriquer ou assembler des produits dans plusieurs pays peut donc avoir un intérêt industriel autant que stratégique.
Les composants ne viennent pas uniquement de Chine
Un drone DJI n’est pas nécessairement composé uniquement de pièces chinoises.
Une analyse du Mavic Air 2 réalisée en 2020 avait montré que l’appareil reposait largement sur des composants disponibles dans l’industrie électronique mondiale.
La majorité provenait de Chine, mais certaines pièces essentielles étaient conçues par des entreprises étrangères.
Des amplificateurs de signal radio provenaient par exemple de l’entreprise américaine Qorvo.
C’est là que la situation devient plus complexe.
Les restrictions américaines poussent DJI à changer de fournisseurs
Les limitations imposées à DJI sur l’accès à certaines technologies américaines ont progressivement obligé l’entreprise à chercher d’autres fournisseurs.
Certains composants occidentaux utilisés auparavant dans ses drones professionnels seraient ainsi remplacés.
C’est notamment le cas de certains capteurs thermiques américains, qui laisseraient progressivement leur place à des solutions provenant d’autres fabricants, probablement chinois selon les informations disponibles.
Le mouvement pourrait continuer.
Pour DJI, l’objectif serait de réduire sa dépendance aux technologies susceptibles de devenir difficiles d’accès en raison des restrictions commerciales.
DJI conserve une production très intégrée
La force industrielle de DJI ne repose donc pas uniquement sur l’endroit où ses drones sont assemblés.
L’entreprise bénéficie surtout de sa proximité avec l’écosystème électronique de Shenzhen et de sa capacité à contrôler une grande partie de la conception, de l’intégration et de la fabrication.
| Élément | Situation de DJI |
|---|---|
| Fondateur | Frank Wang |
| Participation estimée de Frank Wang | Environ 45 % |
| Actionnaires principaux | 4 personnes contrôleraient 99 % des droits de vote |
| Participation d’entreprises publiques chinoises | Environ 5,4 % |
| Principal centre de production | Shenzhen, Chine |
| Autre lieu d’assemblage | Malaisie |
| Origine des composants | Chine et fournisseurs internationaux |
Les pourcentages de participation restent basés sur les informations disponibles et peuvent évoluer, DJI demeurant une entreprise privée.
Derrière les drones DJI, une chaîne industrielle devenue stratégique
DJI reste donc profondément ancrée en Chine, aussi bien par son actionnariat que par son organisation industrielle.
Mais ses drones reposent sur une chaîne d’approvisionnement plus internationale qu’il n’y paraît.
Et celle-ci change.
Les restrictions technologiques poussent progressivement le constructeur à remplacer certains composants étrangers et à sécuriser de nouvelles sources d’approvisionnement.
Au-delà des drones eux-mêmes, c’est donc toute la maîtrise de leur production et de leurs composants stratégiques qui devient un enjeu majeur pour DJI.

Eric Thomas suit l’actualité de Windows, des logiciels, de la cybersécurité grand public et des outils web. Il s’intéresse aux mises à jour système, aux nouveautés informatiques et aux solutions pratiques qui améliorent l’expérience numérique au quotidien.
