Face à la pression de Bruxelles, Apple ajuste sa politique en Europe pour répondre aux exigences du Digital Markets Act (DMA). Une ouverture encadrée, qui soulève autant de critiques que de questions.
Apple autorise (enfin) la promotion des paiements alternatifs avec iOS 18.6
Avec la mise à jour iOS 18.6, Apple permet pour la première fois aux développeurs de mettre en avant des systèmes de paiement alternatifs en dehors de l’App Store. Une évolution notable, imposée par la nouvelle réglementation européenne qui vise à réduire les pratiques monopolistiques des grandes plateformes numériques.
Jusqu’à présent, toute tentative d’intégrer un système de paiement tiers était strictement encadrée, voire pénalisée. Ce changement représente donc un tournant sur le papier, même si son application concrète reste à observer.
La Core Technology Fee bientôt réévaluée
Autre annonce d’Apple : la controversée Core Technology Fee, une commission appliquée même aux applications téléchargées via des boutiques alternatives, fera l’objet d’une nouvelle évaluation à partir de janvier 2026. Une décision qui laisse espérer un modèle plus équitable pour les développeurs, mais dont les détails restent flous.
Nombre d’éditeurs indépendants dénoncent une ouverture de façade, dans laquelle les coûts restent élevés malgré l’accès à d’autres canaux de distribution.
Des App Stores alternatifs plus accessibles… en théorie
Apple promet également de faciliter l’installation de boutiques d’applications tierces dans l’Union européenne. Une avancée qui répond directement aux exigences du DMA. Pourtant, plusieurs analystes s’interrogent déjà sur la réelle facilité d’utilisation de ces alternatives.
- Des avertissements de sécurité potentiellement dissuasifs
- Un parcours d’installation probablement plus complexe que l’App Store
Le degré de transparence et la fluidité du processus seront déterminants pour mesurer l’impact réel de cette ouverture.
Apple justifie ses restrictions par la sécurité… mais pas partout
Dans un entretien accordé à la Frankfurter Allgemeine Zeitung, Greg Joswiak, cadre dirigeant chez Apple, a vivement critiqué le DMA, affirmant qu’il met en danger la confidentialité des données des utilisateurs européens. L’entreprise invoque régulièrement des raisons de sécurité pour maintenir un écosystème fermé.
Mais cette position soulève des accusations de double discours. En Chine, Apple se conforme à des règles bien plus strictes sans manifester la moindre opposition. Un contraste qui alimente les accusations de doppelmoral et d’opportunisme stratégique.
Des fonctions iOS désactivées en Europe : un signal préoccupant
Apple applique déjà des restrictions géographiques à certaines fonctionnalités. Un exemple frappant : l’iPhone Mirroring vers macOS, activé aux États-Unis et en Chine, reste indisponible pour les utilisateurs européens. Une différence de traitement qui pourrait s’expliquer par la volonté de limiter l’exposition aux obligations imposées par le DMA.
Cette stratégie souligne la complexité croissante pour Apple de maintenir un modèle mondial uniforme, à l’heure où les régulateurs multiplient les initiatives, aussi bien en Europe qu’aux États-Unis.
Face à ces nouvelles règles, Apple doit désormais choisir entre préserver son écosystème verrouillé ou s’adapter à un marché mondial de plus en plus exigeant en matière de concurrence.

Je m’appelle Samuel Le Goff. À 38 ans, je suis l’actualité du numérique depuis plus de 14 ans. Aujourd’hui, je m’intéresse particulièrement aux smartphones et aux usages concrets de l’intelligence artificielle, que je traite à travers des contenus clairs et accessibles sur Menow.fr.
